Les dix tâches du professionnel en santé mentale. Les professionnels en santé mentale qui travaillent avec des personnes souffrant de troubles de l'identité de genre sont régulièrement appelés à assumer plusieurs de ces responsabilités :
Diagnostiquer correctement et avec précision les personnes souffrant de troubles de l'identité de genre.
Diagnostiquer précisément toute co-morbidité psychiatrique et proposer un traitement approprié.
Informer le patient et lui décrire les différentes options thérapeutiques et leurs implications.
Engager une psychothérapie.
S'assurer que le patient est prêt pour un traitement hormonal ou chirurgical et qu'il correspond aux critères minima requis.
Donner des recommandations formelles à l'attention de ses collègues médecins et chirurgiens.
Documenter par écrit l'histoire du patient à ce sujet dans une lettre de recommandation.
Faire partie d'une équipe de professionnels qui s'intéressent aux troubles de l'identité de genre.
Eduquer et informer les familles, les employeurs et les différentes institutions au sujet des troubles de l'identité de genre.
Etre disponible pour assumer un suivi à long terme des patients qui les ont consultés pour ces troubles.
Le spécialiste pour adultes. La formation du professionnel en santé mentale qui se spécialise dans le traitement des troubles de l'identité de genre chez l'adulte se base sur une compétence clinique générale dans le diagnostic et le traitement des troubles mentaux et émotionnels. L'expérience clinique peut se construire au travers des disciplines telles que psychologie, psychiatrie, travail social, conseils ou soins infirmiers. Les références minimales recommandées pour pouvoir être reconnu comme ayant des compétences spécifiques dans les troubles de l'identité de genre sont les suivantes :
Posséder un degré universitaire ou équivalent de type master's dans le domaine d'une science clinique comportementale, octroyé par une commission nationale ou régionale accréditée. Ils doivent avoir des certificats de référence accordés par un établissement de formation approprié et une commission autorisée.
Avoir acquis des compétences et une formation spécialisée dans l'évaluation et le traitement des troubles sexuels au sens du DSM-IV ou de l'ICD-10, et pas seulement des troubles de l'identité de genre.
Posséder des compétences et une formation sous contrôle documentées en psychothérapie.
Suivre une formation continue dans le domaine du traitement des troubles de l'identité de genre, qui peut inclure la participation à des séminaires ou autres réunions de professionnels sur ce thème spécifique, ou encore à des recherches sur les problèmes d'identité de genre.
Le spécialiste pour enfants. Le professionnel qui évalue et propose une thérapie à des enfants ou à des jeunes adolescents qui présentent des troubles de l'identité de genre doit déjà être formé dans le domaine de la psychopathologie du développement des enfants et des adolescents. Il doit avoir des compétences dans le diagnostic et le traitement de leurs problèmes habituels. Ces exigences s'ajoutent à celles qui sont requises aussi pour les spécialistes pour adultes.
Les différences entre les critères d'éligibilité et de préparation (maturité). Les standards de soins donnent des recommandations concernant les critères d'éligibilité requis pour bénéficier de traitements hormonaux et chirurgicaux. Tant que ces critères ne sont pas remplis, ni le patient ni le thérapeute ne devraient demander d'hormones ou de chirurgie. Un exemple de critère d'éligibilité est celui qui recommande qu'une personne ait vécu pendant au moins 12 mois à plein temps dans le genre qu'elle souhaite avant de procéder à une intervention chirurgicale sur ses organes génitaux. Pour attester de cela, le professionnel en santé mentale doit pouvoir documenter cette expérience de vie réelle dans le sexe souhaité sur la durée exigée. Satisfaire au critère de préparation consolidation de l'identité de genre en développement ou amélioration de la santé mentale dans la nouvelle identité de genre, récente ou confirmée, - est plus difficile à prouver, car cela se base sur l'évaluation personnelle du clinicien et le jugement du patient concerné.
La relation du professionnel en santé mentale avec le médecin traitant et avec le chirurgien. Le professionnel en santé mentale qui recommande un traitement hormonal et chirurgical partage la responsabilité éthique et légale de cette décision avec le médecin qui va se charger de ce traitement. Le traitement de substitution hormonale peut souvent soulager les symptômes d'anxiété et de dépression sans avoir besoin de prescrire des médicaments psychotropes en plus. Certains patients, néanmoins, ont besoin d'une médication psychotrope, avant ou conjointement au traitement hormonal ou chirurgical. C'est au professionnel en santé mentale d'évaluer et de proposer la médication psychotrope la plus appropriée à chaque situation. La présence de co-morbidités psychiatriques n'exclut pas forcément le traitement hormonal ou chirurgical, mais certains diagnostics posent de vrais dilemmes thérapeutiques et peuvent retarder ou empêcher ces traitements.
Les lettres de recommandation écrites par le professionnel en santé mentale pour documenter l'indication au traitement hormonal ou chirurgical doivent spécifier succinctement :
Les caractéristiques générales liées au patient.
Le genre sexuel initial et en évolution, ainsi que les autres diagnostics psychiatriques.
La durée de la relation thérapeutique ainsi que le type de psychothérapie ou d'évaluation subi.
Les critères d'éligibilité remplis et le raisonnement conduisant à la thérapeutique hormonale ou chirurgicale.
La capacité que le patient a démontré à suivre les standards de soins jusqu'à ce jour et l'estimation de cette capacité dans le futur.
L'appartenance de l'auteur du rapport à une équipe pluridisciplinaire soignant les troubles de l'identité de genre.
Si le professionnel en santé mentale qui a écrit cette lettre documentée accepterait un appel téléphonique pour vérifier que c'est bien lui qui l'a rédigée.
Des lettres de recommandation complètes et bien structurées offrent au médecin qui prescrit les hormones et au chirurgien un degré d'assurance important sur les connaissances et les compétences du professionnel en santé mentale dans le domaine des troubles de l'identité de genre.
Une lettre de recommandation est requise avant de démarrer un traitement hormonal ou pour une opération chirurgicale des seins. Une lettre du professionnel de santé mentale, comprenant les sept points énumérés ci-dessus, à l'attention du médecin qui va être responsable du traitement médical du patient est suffisante pour démarrer une thérapie hormonale ou pour procéder à une opération sur les seins (mastectomie, reconstruction esthétique du thorax, mammoplastie d'augmentation).
Deux lettres de recommandation sont généralement requises pour la chirurgie des organes génitaux. La chirurgie génitale pour les hommes biologiques peut inclure l'orchidectomie, la pénectomie, la clitoroplastie, la labiaplastie ou la création d'un néo-vagin. Pour les femmes biologiques la chirurgie génitale peut inclure l'hystérectomie, la salpingo-ovariectomie, la vaginectomie, la métoidioplastie, la scrotoplastie, l'uréthroplastie, le placement de prothèses testiculaires, ou la création d'un néo-phallus.
L'idéal est que le professionnel en santé mentale qui suit le patient fasse des rapports périodiques sur le processus psychothérapeutique en cours, comme faisant partie d'une équipe pluridisciplinaire comprenant d'autres professionnels en santé mentale et autres. Une seule lettre de recommandation adressée au chirurgien qui va réaliser la chirurgie génitale, mais signée par deux professionnels en santé mentale, peut suffire.
Le plus souvent, ces lettres de recommandation proviennent de professionnels en santé mentale qui travaillent seuls et sans l'appui de collègues expérimentés dans les troubles de l'identité de genre. Puisque ces professionnels en santé mentale travaillent indépendamment et ne peuvent avoir les bénéfices de consultations courantes de troubles de l'identité de genre, il est nécessaire de fournir deux lettres de recommandation avant de procéder à une chirurgie génitale. Si la première lettre est écrite par un professionnel disposant d'un diplôme universitaire, la seconde lettre doit être écrite par un médecin-psychiatre ou par un docteur en psychologie clinique qui doit être capable d'évaluer correctement les conditions de co-morbidité psychiatrique. Si la première lettre est écrite par le psychothérapeute qui suit le patient, la seconde lettre doit provenir d'une personne qui a seulement joué un rôle d'évaluation pour le patient. Chaque lettre, néanmoins, doit comprendre les sept points mentionnés ci-dessus. Au moins une des deux lettres doit être un rapport approfondi. Celui qui écrit la deuxième lettre, s'il a lu la première, peut choisir d'en faire un résumé plus bref et de donner son accord avec la recommandation.
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