![]() |
Conférence-débat |
Pat Califia enfin à Paris
le dimanche 23 novembre prochain
Salle Chaillot-Galliera
28 Av. Georges V, 75008 Paris
invité par le CARITIG et les éditions EPEL
![]() |
à l'occasion de
la parution de la première traduction en français d'un de ses ouvrages |
| On trouvera ci-après
toutes les informations utiles pour apprécier l'importance de ce moment. |
| « Nous sommes des hommes transgenres
(femme vers homme, ou FTM). Mon ami est la mère de mon enfant. » Pat Califia |
![]() |
| Patrick Califia est un trans bisexuel, thérapeute de couple et de famille, diplômé de l'État de Californie, père divorcé d'un petit enfant autiste de trois ans et pasteur païen du Spiral Path. Ses passe-temps favoris sont, dans le désordre : le quilt, caresser son chat, la corsèterie, le fist-fucking, les châtiments corporels et le bondage japonais. Il souffre de douleurs chroniques dues à une fibromyalgie qui l'empêche de mener une vie normale et lui complique pas mal le travail. [...]
Il est né près de Corpus Christi, dans le Texas, aîné d'une famille mormone de six enfants. [...] Ce fut un cauchemar de grandir en essayant de survivre en tant que jeune personne queer, différente de genre, à l'école, dans la communauté Mormone fondamentaliste et entre deux parents abusifs. Le père buvait sec, avec des problèmes de violence domestique, et sa mère était si guindée dans sa normalité qu'elle ne pouvait pas boire de Coca-Cola ni même dire « zut ». Le plus ancien poème que Patrick ait conservé commence par « Ils font trois petits tours et se désagrègent / Les petits enfants de la neige » (Whirling, twirling, down they go / Little Children of the snow). [...] Il fit son coming out de lesbienne en 1971 (eh oui, il arrive que la vie de certaines personnes soit plus compliquée que la vôtre !). Vivant dans le dortoir des femmes à l'Université de l'Utah, il a rapidement découvert que l'amour non réciproque était un puissant stimulant pour s'adonner à la drogue, à l'auto-mutilation, et à la poésie. Une fois quittée l'école avec une bonne dépression nerveuse, il a continué à écrire, notamment du théâtre, dans une publication féministe intitulée Sisters Stand. Après une nuit très heureuse avec une gouine vivant à San Francisco, Patrick est allé voir cette étonnante ville de tarés visionnaires. [...] Quelques années plus tard, il était devenu persona non grata (« persona au gratin », en français dans le texte) chez les lesbiennes séparatistes de tout bord, parce qu'il avait fait son coming-out de sadomasochiste et commencé à publier des articles politiques à rallonge qui firent sensation au coeur des guerres entre lesbiennes. [...] Il devint infâme pour avoir déprécié le mouvement anti-porno, pour avoir organisé un groupe de gouines cuir appelé Samois, et aussi à cause de beaucoup de whip-cracking (de fiction et de fait). [...] Un peu avant ses trente ans, Patrick a été membre de la communauté gay cuir (ça veut dire qu'il attachait, fouettait et fistait des gay) ; il ne lui a pas été facile de réconcilier tout ça avec une identité lesbienne. [...] Sex Changes: The Politics of Transgenderism est sorti il y a quelques années, à un moment de sa vie où Patrick pensait qu'il ne changerait jamais de sexe. La sortie de ce livre, écrit par un déviant sexuel connu et non trans-sexuel, a sidéré et mis en boule beaucoup de trans. Patrick ne peut rien faire comme tout le monde, et la politique identitaire prévaut même là où les gens la maltraitent. Et c'est ainsi, après qu'il ait été bien-sous-tous-rapports pendant dix ans, qu'il ait obtenu sa maîtrise de psycho et son droit à pratiquer et fréquenté encore un autre trans, que Patrick a commencé à avoir des vapeurs, et qu'il est allé voir son docteur. Le docteur a dit : «Vous êtes en pré-ménopause. Je vous mets aux oestrogènes ?». Patrick a quitté le cabinet dans un état de grande agitation, est arrivé chez lui, pleurant pendant trois heures. Beaucoup de choses devenaient claires : 1°) ayant déjà souffert des effets secondaires aliénants et révoltants dus au fait d'avoir des ovaires actifs, il était hors de question que Patrick se mette délibérément des oestrogènes dans le corps ; 2°) quand il avait dit à ses parents, à l'âge de quatre ans, qu'il n'était pas une fille et voulait grandir comme un garçon, c'était bien ce qu'il voulait dire ; 3°) le fait de mener une vie de féministe et de femme d'un genre très spécial n'avaient pas fait disparaître ses interrogations sur son genre ; 4°) la seule chose qui restait à tenter, c'était la testostérone. Maintenant Patrick peut dire au monde entier que si vous avez le choix entre la ménopause et une seconde puberté, prenez la testostérone, et collez-vous la au cul comme un homme. Oh, une minute ! les vrais hommes ne se shootent pas aux hormones mâles. Eh ben si, ils le font. Bon. On se bouge. Patrick a commencé à prendre de la testostérone il y a cinq ans (il a atteint ses quarante-neuf ans en 2003). Il a eu une ablation des seins il y a deux ans, mais reste fasciné par les tétons des autres. Aujourd'hui il ressemble à un daddy binoclard et barbu, qui a plein de mauvaises pensées et sait comment faire avec. C'est un pédé sadique et indulgent qui aime aussi avoir des relations sexuelles avec des filles de tout genre. Il est toujours féministe et n'a pas de problèmes avec son passé lesbien, même si ce passé est devenu un espèce d'éléphant bavard avec une selle garnie de flanelle, bien trop grande pour être cachée par le tapis du living. [...] Même s'il est tout à fait content des changements physiques qui résultent de sa transformation de sexe, il est aussi conscient que 9999 hommes sur 10000 conviennent qu'ils ont un pénis, et il en veut un lui aussi. De très jolis peepees sont disponibles chez un gentil docteur en Belgique. Si 2000 personnes lui envoient, chacune, 40 $ via Paypal, il ira là-bas et s'en achètera un, et montrera à tout le monde, sur le Web, une image de ce que vous lui aurez payé. Sérieux. [...] Vous ne pouvez pas faire deux pas dans une librairie queer sans tomber sur le mec, et il est une cible très facile sur Google. Bon, oui, ces menottes marchent très bien, et oui, le tatouage fait mal. Votre prochaine question aurait intérêt à ne pas être stupide. |
| Pat Califia est un auteur prolixe d'essais, de fictions et de poésies. Parmi ses titres les plus connus et les plus appréciés, citons : |
Une oeuvre
|
Ainsi que Sex Changes,
aujourd'hui traduit en français sous le titre
Le mouvement transgenre
Changer de sexe
Traduit de l'anglais (américain) par Patrick Ythier
« Briser les préjugés est le travail de toute une vie. Récemment, j'ai eu une expérience très instructive. J'ai découvert qu'une de ces femmes que je côtoyais depuis longtemps était transgenre. Cette découverte me fit de la peine car j'aime croire que mon système « radar » repère aussi bien les trans que les gays. Elle n'avait pas l'intention de me mentir ; elle pensait que je le savais déjà. Étant donné tout ce que j'avais fait pour m'informer sur la transsexualité, j'ai pensé que cela ne ferait pas beaucoup de différence. Mais je me suis surprise à la regarder différemment. Tout à coup, ses mains paraissaient trop grandes, son nez était bizarre et que dire de sa pomme d'Adam ? N'avait-elle pas une voix un peu grave pour une femme ? N'était-elle pas terriblement autoritaire, exactement comme un homme ? Et, mon Dieu, que ses avant-bras étaient poilus !
Quand je me suis surprise à penser cela, j'ai ri, même s'il y avait un peu de tristesse dans mon rire. Il est très difficile d'éradiquer la transphobie.
Le genre n'est pas seulement un problème théorique ou politique. De tous les sujets « personnels donc politiques », celui-ci est le plus personnel de tous. La peur des transsexuels est chez chacun directement liée à la peur de son « moi » du sexe opposé. »
Pat Califia
Conférence-débat sur le transgenre
Le dimanche 23 novembre, à Paris
Salle Chaillot-Galliera, 28 av. Georges V, 75008 Paris
Ouverture par Armand Hotimsky
9h30 à 12h30 : Les psy sont-ils transphobes ?
Séance présidée par Jean Allouch
Y a-t-il un pouvoir coercitif des psys sur les transgenres ? Les psys ont-ils intégrés la notion d'identité de genre ? Les transgenres ont-ils besoin de thérapie ? Les psys, peuvent-ils sortir du discours binaire ?
14h30 à 17h30 : Lesbiennes, Gais, Bi, Trans, même combat ?
Séance présidée par Armand Hotimsky
La communauté LGBT existe-t-elle vraiment ? Les trans sont-ils sexuels ? Les gais et les lesbiennes, transphobes ? Y a-t-il récupération de la question trans par la communauté gai et lesbienne ?
avec les interventions de Patrick Califia,
Andréa Linhares, psychologue et psychanalyste, Université Paris VII,
Catherine Millot, psychanalyste, auteur de Hors-sexe
Marie-Hélène Bourcier, sociologue, auteur de Queer Zones, Université Lille III,
David Halperin, professeur à l'Université du Michigan, auteur de Saint-Foucault
et Cent ans d'homosexualité,
Nicolas Beger, philosophe, activiste queer, auteur de Que(e)rying Political
Practices in Europe. Tensions in the Struggle for Sexual Minority Rights
Dispositif : traduction simultanée, Pierre Noël, Jonathan Clements et Michael Picq.
entrée : 40 EUR , étudiants : 20 EUR
membres du CARITIG : 10 EUR
Tournée de Patrick Califia
du 26 novembre au 7 décembre
en France, Belgique et Suisse
- Toutes ces rencontres sont en accès libre -
Contact Presse : Armand Hotimsky + 33(0)660.450.940
CARITIG
Centre d'Aide, de Recherche et d'Information
sur la Transsexualité et l'identité de Genre
En 1995, la verbalisation de l'expression de l'identité de genre en France était réduite au travestisme ou à la transsexualité. Cette dernière était cloisonnée par un paradigme hétérosexiste, pathologisant et machiste. Quant au travestisme, celui-ci était limité à une lecture médicale sur la perversion.
Loin du mouvement transgenre qui prenait son essor aux États-Unis avec la création de quelques centaines d'associations, notre pays, lui, comptait trois structures associatives, toutes limitées dans leurs actions par un discours de normalisation des individus et reconduisant des systèmes sexe genre traditionnels, source d'oppressions pour la diversité des identités de genre.
C'est dans ce paysage que fut créé le CARITIG avec pour mission première de se positionner dans le courant de réflexion du mouvement transgenre et non transsexuel. Espace d'information sur la diversité de l'expression de l'identité de genre, le CARITIG interroge la vision binaire homme/femme de notre société et apporte ainsi des réponses à de nombreuses personnes qui ne se retrouvent pas dans les schémas imposés.
Le CARITIG répond également aux demandes d'aide formulées par des personnes égarées dans la complexité du processus de transition. Parmi ses autres missions, il tente également de briser l'isolement des personnes en province, de rassurer les familles, et de sensibiliser les professionnels ainsi que le grand public.
C'est un lieu de dialogue, une passerelle entre les professionnels et les transgenres. Un centre de recherche où les diverses théories peuvent s'exprimer librement. Le CARITIG est aussi l'un des rares centres de documentation sur l'identité de genre, et un lieu d'expression de la culture transgenre.
|
EPEL
LES GRANDS CLASSIQUES DE L'ÉROTOLOGIE MODERNE
Collection dirigée par Jean Allouch et Danielle Arnoux
Dans les librairies de langue anglaise, les gay and lesbian studies, les travaux sur le genre (gender), sur le transgenre, sur la bisexualité, la queer theory ont leurs rayons, leurs revues, leurs collections ; ils en sont désormais au stade des compilations. Il n'empêche, persiste en France (il est vrai désormais sensiblement moins qu'il n'y a ne serait-ce que deux ou trois ans) l'ignorance d'un débat qui a maintenant plus de vingt ans.
Conséquence imprévue : ce recul permet aujourd'hui de distinguer les publications et les auteurs qui, au fil du temps, sont devenus des classiques.
Est-ce un hasard, cette émergence, cette réinterrogation d'Éros, ces nouveaux rapport à l'érotisme sont tout d'abord advenus précisément là où la psychanalyse avait cessé d'être questionnante et inventive. Délaissée par les psychanalystes, la problématisation de l'érotisme contemporain aura ainsi eu lieu ailleurs qu'au champ freudien. Pas sans liens cependant avec Freud, Lacan, Foucault, Deleuze, Derrida et quelques autres ; ni sans avoir troublé, voire renouvelé la vision de ce qu'était Éros dans le passé.
Comme la psychanalyse, ce champ d'études inédit, insolite, a apporté à certaines disciplines (sociologie, littérature, hellénisme, histoire) des contributions remarquées.
Il ne s'agit pas seulement de débats universitaires. Ce sont aussi les rapports de chacun au sexe qui ont été modifiés, en même temps que la place et la fonction du sexe dans la (les) communauté(s).
La collection Les grands classiques de l'érotologie moderne vise à ce que s'ouvre un débat critique entre champ LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans) et champ freudien.
Le voeu est que soit cerné d'un peu plus près en quoi consistent « les oeuvres d'Aphrodite ».
|
|
|
||
| Page mise à jour : |
Page maintenue par : Charlène | © 1997-2003 CARITIG |