BULLETIN MENSUEL D'INFORMATION DU CARITIG

Octobre & novembre 2004 - N° 10&11/04

Dans ce numéro :


Avec TransGenre Actu : Livret présentant les SOC de la HBIGDA

« On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux »
Antoine de Saint-Exupéry
Écrivain français



Un TGA pour deux mois !

Nous réduisons la quantité et privilégions la qualité.

Pourtant, nous pourrions produire plus et de qualité, hélas le constat est affolant : nos lecteurs et adhérents sont majoritairement des consommateurs.

Il est bien regrettable de constater que ce sont toujours les mêmes qui écrivent dans TGA. Et pourtant, vous êtes un certain nombre à participer aux réunions, malgré cela personne ne se propose pour faire des comptes-rendu d'activités, ni pour apporter témoignage ou informations.

C'est un constat quelque peu amer que je dresse. Il est consécutif à un ensemble d'éléments qui se cumulent : Nous manquons de bénévoles sérieux, qui s'engagent sur le temps pour faire du travail de qualité. Si nos adhérents et lecteurs ne comprennent pas qu'une association vit de et par l'investissement de ses membres, le CARITIG ne pourra pas continuer ses missions et devra revoir complètement ses engagements. Un exemple : comment répondre à la centaine de demandes d'adresses de professionnels, quand dans le même temps, nous recevons uniquement cinq formulaires d'adresses de professionnels complétés, Comment fonctionner avec un tel déséquilibre ? Nous nous interrogeons : « Si vous n'avez pas confiance dans l'organisation dont vous êtes membres, pourquoi en être membre ?  »

Malgré ce constat, vous pouvez constater la richesse des informations fournies dans ce numéro : compte-rendu détaillé de la réunion de l'ANAES, un texte très fort de Curtis E. Hinkle de l'OII dans le cadre de la Journée Internationale des Intersexués, la deuxième partie du charmant texte de Célia et Christine.

Vous pouvez aussi y découvrir un article de réflexion de Monoïk, figure emblématique du CARITIG, article que nous venons de retrouver, n'ayant jamais été publié et qui a gardé toute sa vérité. Et en annexe, un livret avec la première traduction des SOC de la HBIGDA.

Dans les mauvaises nouvelles qui hélas arrivent trop souvent, nous reprenons l'information concernant l'assassinat de FannyAnn Eddy qui montre bien les énormes difficultés de la vie de la communauté LGBT africaine.

Armand Hotimsky,
Président du CARITIG

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SOS, LE CARITIG EN DIFFICULTÉS,

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Ce compte-rendu a été rédigé sur les bases des quelques notes que j'ai pu prendre lors de la réunion du lundi 27 septembre avec l'ANAES.

Je ne peux certifier totalement l'exactitude des faits et des propos. Une partie des éléments ici présentés le sont de mémoire.

Si beaucoup de rumeurs et d'angoisses ont circulé autour de cette réunion, la réalité des faits s'est avérée sincèrement plus constructive et sereine.

Les représentants de neuf associations et cinq personnes de l'ANAES suivant le dossier étaient autour de la table.

Pour les associations :

Alexandra Augst-Merelle - STS 67 à Strasbourg,
Morgane Bichard-Breaud - Trans'Act ! à Montpellier,
Camille Cabral - PASTT à Paris,
Diane Gobeil - Cabiria à Lyon,
Hélène Hazera - Act Up à Paris,
Armand Hotimsky - CARITIG à Paris,
Yann Laingui - ASB à Paris,
Valérie Soyer - Autres Regards à Marseille,
Tom Reucher - GAT à Paris.

Pour l'ANAES :

Dr Sun Hae Lee-Robin,
Dr Denis Jean David,
Dr Valérie Lindecker,
Dr Françoise Saint-Pierre
et Madame Colette Perreve.

Un tour de table a permis à tout le monde de se présenter. Puis après un petit instant d'hésitation pour que chacun puisse trouver le moyen de commencer à entamer la discussion, celle-ci démarre avec l'intervention un peu sèche de Tom Reucher. Celui-ci lit un texte : « Réunis lors de l'Assemblée Générale des Trans où une trentaine de personnes s'était rendue ainsi que les associations ASB, Trans'Aide Lorraine fraichement créée, Act Up, GAT et PASTT, il a été voté à l'unanimité une résolution pour la dépsychiatrisation des trans.»

Il cite la résolution :

  1. L'Assemblée Générale demande la dépsychiatrisation de la question trans'.

  2. L'Assemblée Générale demande aux associations, groupes et organisations trans' présents le 27 septembre à l'ANAES de proposer collectivement un accès aux soins sans diagnostic psychiatrique préalable.

  3. L'Assemblée Générale demande le changement du numéro de sécurité sociale et du prénom sans acte chirurgical préalable.

Sur ce dernier point, Camille Cabral rebondit en demandant que le changement d'état civil soit possible pour les personnes qui ne souhaitent pas se faire opérer.

Les représentants de l'ANAES rappellent que sortent complètement de leur compétence les aspects juridiques et la question des remboursements. Ils expliquent leur souhait de définir des conditions optimales pour assurer la sécurité des patients et l'efficacité des soins. Ils précisent également qu'à partir du 1er janvier 2005 l'ANAES disparaîtra, et sera remplacé par la Haute Autorité de la Santé.

Une personne demande quel est le niveau d'indépendance de l'ANAES, avec les autres institutions de l'état car un psychiatre de l'Hôpital Foch s'occupant des trans et peu apprécié par un grand nombre vient d'été nommé membre d'un groupe de travail interministériel santé-justice.

La réponse est claire : L'ANAES est sous la tutelle administrative du Ministère de la Santé, mais indépendante.

Hélène Hazera qui représente la commission trans d'Act Up rentre dans le vif du sujet avec justesse, puis Tom Reucher développe sur les menaces et pressions que subissent en particulier certains médecins dans le privé.

Il lui est répondu que le travail de l'ANAES sera utile pour les caisses d'assurance maladie afin qu'elles prennent en charge les patients de manière optimale. Il est nécessaire que la situation soit clarifiée - Sur ce point, tout le monde est bien d'accord !

Morgane Bichard-Bréaud porte à la connaissance de tous l'expérience toulousaine, les procès et tensions avec les médecins en place, une éventuelle interdiction d'opérer les trans pour un chirurgien et la prise en charge par la Caisse des rectifications (voire même des opérations) en Suisse, donc hors de la Communauté Européenne.

Elle présente des photos de résultats opératoires déplorables, Yann Laingui fait de même. Les photos font le tour de la pièce.

La discussion se porte ensuite sur la question du ou des « choix ». Plusieurs associatifs s'expriment à propos de la revendication sur la liberté pour le patient de choisir les professionnels et le type de traitement qu'il souhaite recevoir.. Hélène Hazera s'énerve un peu, et Diane Gobeil prend la parole pour décrire la situation à Lyon.

Lors de la discussion qui s'en suit, le mot "choix" est à nouveau utilisé par l'un des représentants de l'ANAES. Cette fois-ci pour exprimer l'idée que les transsexuels ont choisi d'être trans, aussi plusieurs représentants associatifs dont Camille Cabral précisent qu'il ne s'agit nullement d'un choix. J'interviens à mon tour pour rappeler que le choix des mots est lourd de conséquence.

Suite à la revendication d'une dépsychiatrisation des soins, l'ANAES demande des précisions sur ce que les responsables associatifs entendent par là. Camille Cabral explique que les trans. « ne donnent pas un diagnostic mais explique qu'ils sont propriétaires de leur conviction. »

Yann Laingui change de sujet et évoque les difficultés pour l'obtention du formulaire E112, il souligne aussi le manque de formation des médecins. J'interviens en douceur pour exprimer mon désaccord, je prends exemple sur la carrière d'un chirurgien belge connu de tous. Mon explication est simple, tout médecin intéressé par le sujet à les moyens de se documenter, prendre contact avec ceux qui ont l'expérience en la matière et les chirurgiens d'aller se former auprès de leurs confrères reconnus. Donc il s'agit surtout d'une question de volonté et d'intérêt pour le sujet.

Commentaire : Dire qu'il faut former les médecins c'est une erreur fondamentale dans l'approche, car cela revient à dire qu'il faut des spécialistes en endocrinologie, en psychiatrie et en chirurgie. Quand vous demandez le libre choix de vos intervenants, que vous hurlez que n'importe quel médecin peut s'occuper de la question, il y a là contradiction. C'est pourquoi le CARITIG a fait une proposition d'évaluation des médecins et plus particulièrement des chirurgiens. Nous vous invitons à relire nos propositions publiées dans le TGA de septembre 2004.

Puis Yann Laingui souligne les très importantes difficultés et pressions que subissent les trans handicapés qui sont encore plus à la merci de certains praticiens.

Ressurgit la question de la sécurité et des protocoles. Une description des différents protocoles en usage en France est faite par les représentants associatifs. Les critères aberrants sont listés : la question de l'âge, de la profession (rejet des personnes prostituées), de l'apparence, de l'orientation sexuelle, etc.

Camille Cabral demande que l'administration modifie le numéro de sécurité sociale, Morgane Bichard-Bréaud explique que c'est la souffrance qui motive les trans, les psys doivent faire une évaluation et non un diagnostic.

Puis Alexandra Augst-Merelle de STS précise qu'il manque une compréhension du genre : « Cela n'a rien à voir avec le physique, c'est dans notre tête. C'est du cas par cas, pas de protocole sévère. »

A sa suite, Tom Reucher signale qu'un chirurgien peut voir au premier rendez-vous si la personne est apte. Il évoque l'IVG, la libre disposition de son corps, puis les contrevérités de la théorie de John Money en matière d'intersexualité.

J'abonde dans le même sens et pointe l'aberration du système : d'un côté, on opère des nourrissons sans attendre le fait qu'ils puissent donner leur avis, et l'on constate que certains d'entre eux à l'âge adulte demandent à être opérés dans le sens opposé de l'intervention effectuée à leur naissance. Finalement, on crée artificiellement de la transsexualité, il s'agit là évidemment de personnes intersexuelles. De l'autre côté, on rechigne à opérer des personnes qui le demandent afin qu'elles se sentent plus en harmonie avec elles-mêmes !

Camille Cabral, très remontée, s'insurge sans écouter en disant que l'intersexualité n'a rien à voir avec la transsexualité : « l'intersexualité c'est biologique, la transsexualité c'est psychologique ». Je ne crois pas nécessaire d'épiloguer sur sa prestation.

Hélène Hazera et Valérie Soyer demandent que soient prises en considération les personnes trans séropositives ou ayant une hépatite. Celles-ci sont trop souvent rejetées par les équipes en place.

Yann Laingui, pragmatique, revient sur les bonnes pratiques et sur les déplacements, il présente des cas concrets de dépenses inutiles de prise en charge de personnes en VCL et en même temps de refus de prise en charge à l'étranger pour des opérations de qualité dont le coût est moins élevé qu'en France.

Morgane Bichard-Bréaud nous éclaire sur les coûts opératoires d'une vaginoplastie à Toulouse : environ 37000 euros ! Elle signale que certains chirurgiens (mais pas en France) utilisent pour des vaginoplasties des dilatateurs spécifiquement conçus pour les transsexuelles.

L'ANAES demande s'il y a beaucoup d'études publiées par les médecins et si des personnes poursuivent les médecins en justice. Je réponds à sa question en lui signalant que l'équipe d'Amsterdam a publié de nombreuses recherches dont le CARITIG est en possession, qu'il est surprenant de voir les nombreuses publications provenant de divers pays, mais tellement peu de France. Je l'informe également de la quasi impossibilité de poursuites judiciaires quand la personne opérée n'a pas encore son changement d'état civil, car les pressions sont nombreuses avec les expertises médicales et des craintes que l'obtention de l'état civil soit différée.

L'ANAES interroge Alexandra Augst-Merelle de STS sur la situation en Allemagne et Diane Gobeil sur le Québec, Diane est québécoise.

Tom Reucher revient sur les aspects psychologiques en manifestant le souhait que les personnes trans ayant des troubles psychologiques ne soient pas exclues du processus.

La réunion prend fin et l'équipe de l'ANAES rappelle qu'ils ne font que commencer ce travail. Nous faisons un nouveau tour de table cette fois-ci pour exprimer nos sentiments. La majorité des représentants associatifs remercie l'équipe de l'ANAES de les avoir entendus. Et pourtant, ils ne donnent pas de date pour une nouvelle réunion mais tiendront les associations informées. L'ANAES va à présent constituer un groupe avec des médecins s'occupant des transsexuels. Très enjoués, les représentants associatifs s'en vont. Cependant Alexandra Augst-Merelle et moi-même restons un peu sur notre fin. Être entendu, c'est bien, être écouté, c'est mieux, est-ce le cas ?

Mais le désespoir ne doit pas nous envahir. Le jeudi 23 septembre, j'avais déjà rencontré l'équipe de l'ANAES. Ce rendez-vous avait été obtenu afin que James Green vienne présenter la HBIGDA, dont il est membre du Conseil d'Administration, et son SOC (Standard of Care) à savoir ses recommandations de bonne pratique.

Ainsi l'équipe de l'ANAES a pu s'informer sur les seuls SOC internationaux.

Après ce long rendez-vous, les membres de l'ANAES avaient évoqué la possibilité de se rendre au prochain congrès de la HBIGDA en avril 2005 en Italie, ce qui pourrait être très constructif.

Armand Hotimsky

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  1. Qu'est-ce que c'est que l'intersexualité?

    1. L'intersexualité se rapporte à une gamme de conditions médicales où il y a  une discordance entre le sexe génétique d'un enfant (les chromosomes) et le sexe phénotypique (l'apparence des organes génitaux) ou à toute autre condition qui s'écarte des normes établies qui différencie le masculin du féminin.  Environ un enfant sur 2000 est visiblement intersexué à la naissance tandis que d'autres cas ne sont dépistés que plus tard ou jamais.

    2. Parmi les conditions les plus fréquentes : le syndrome de Klinefelter, l'hyperplasie surrénale congénitale, le syndrome de l'insuffisance d'androgènes (AIS), le syndrome de Turner.  Pour plus de détails sur les différentes conditions intersexuelles, nous vous invitons à découvrir le site de l'OII : www.intersexualite.org.

  2. Traitement médical actuel

    1. Le traitement actuel consiste à reconstruire chirurgicalement les organes génitaux même si l'enfant n'a aucune maladie ou autre problème majeur afin de les "normaliser."  Cette pratique est devenue de plus en plus controversée puisque beaucoup d'adultes qui ont subi de tels traitements dénoncent ces interventions chirurgicales qui ont entraîné des problèmes au niveau physique, émotionnel et sexuel.

    2. Les vieux termes « hermaphrodite » et « pseudo-hermaphrodite » ont été remplacés par le mot « intersexué ».

    3. L'intersexualité est considérée comme une pathologie. C'est une des rares « urgences » sociales qui est traitée comme une « urgence » médicale.

  3. Questions concernant le sexe biologique

    1. Les parents sont assurés que le sexe assigné est le « vrai » sexe de l'enfant, même quand il est impossible de déterminer réellement de quel sexe il est. Selon la théorie qui justifie ces traitements chirurgicaux, ce serait trop traumatisant pour l'enfant de savoir que ses organes génitaux n'étaient pas typiquement masculins ou féminins et cette même théorie justifie la dissimulation de sa condition malgré les interventions médicales qui sont souvent nécessaires plus tard dans la vie de la personne intersexuée.

    2. Le corps d'un intersexué est le plus souvent un corps sain et la tentative d'éliminer toute trace « d'ambiguïté » peut entraîner une confusion intense parce que l'identité de genre risque de ne pas être en accord avec le sexe qu'on lui a assigné, d'où la ressemblance avec la transsexualité.

  4. Questions concernant le genre

    1. Le comportement des jeunes intersexués n'est pas souvent en accord avec son assignement sexuel. 

    2. Les parents devraient respecter le genre que l'enfant choisit, même si on envisage un réassignement sexuel ou non.

  5. Questions concernant l'orientation sexuelle

    1. Le corps des intersexués est vu sous l'optique médicale comme une pathologie qui doit être prise en charge afin d'éliminer toute trace d'ambiguïté, tout comme l'homosexualité qui n'est plus dans la catégorie des maladies mentales et qui a été « soignée » par les psychologues dans le passé.  Même si l'homosexualité n'est plus officiellement dans la classification des pathologies mentales la transsexualité et d'autres « identités transgenres » y figurent toujours et les transsexuels sont diagnostiqués comme souffrant de la « dysphorie du genre ».  De ce point de vue, l'intersexualité n'est qu'une autre minorité sexuelle caractérisée comme pathologique et anormale.

    2. La motivation pour les interventions chirurgicales chez les enfants intersexués est basée sur l'homophobie, la transphobie et la misogynie.  La médecine « occidentale » définit les organes génitaux « fonctionnels » par le biais de leur capacité de participer au coït hétérosexuel plutôt que de prendre en considération la capacité de l'intersexué de jouir d'une vie sexuelle à sa manière avec les organes génitaux que la nature lui a donnés.  C'est pour cela qu'on se sent justifié d'enlever le clitoris « trop grand » pourvu que le vagin soit assez profond pour contenir un pénis.

  6. Le féminisme et l'intersexualité

    1. La plupart des enfants nés avec des organes génitaux « ambigus » sont assignés comme filles.

    2. Les féministes doivent se préoccuper de la mutilation génitale des intersexués comme une question de mutilation génitale en général.

  7. Pourquoi l'intervention psychologique est importante et souvent nécessaire.

    1. Le vécu des intersexués a été traité seulement dans un petit nombre d'études  psychanalytiques qui ignorait les effets des traitements actuellement utilisés pour « soigner » les enfants. Il est très important que les thérapeutes s'impliquent plus sérieusement dans les soins pour enfants et adultes intersexués. La préoccupation actuelle sur notre anatomie inhabituelle détourne l'attention du vrai problème : le traumatisme

    2. Ce sont donc des spécialistes du traumatisme qui sont les mieux qualifiés à soigner les intersexués et non pas les pédiatres et chirurgiens. Ces professionnels qui ont reçu une formation adaptée à la situation sont les plus compétents pour s'occuper du traumatisme, de la honte et des problèmes d'identité sexuelle vécus par les intersexués."
      Certes, ces thérapeutes doivent être réellement à l'écoute des besoins des personnes et non chercher à les conformer aux normes sociales.

Curtis E. Hinkle

Texte provenant de l'OII, dont le site internet est www.intersexualite.org

Sources:

  1. Effects of early androgens on sex-typed activities and interests in adolescents with congenital adrenal hyperplasia.
    By S.A. Berenbaum.
    Department of Behavioral and Social Sciences, School of Medicine, Carbondale, Illinois, 62901, USA.

  2. Sexual behavior in adolescent and adult females with congenital adrenal hyperplasia.
    By Dittmann RW, Kappes ME, Kappes MH.
    Psychosomatic Department, Children's Hospital, University of Hamburg, Germany.

  3. Management of Children with Intersex Conditions: Psychological and Methodological Perspectives.
    By Sheri A. Berenbaum, PhD.
    Department of Psychology, The Pennsylvania State University.

  4. Psychological Development in Intersex Conditions.
    By M Hines, Professor of Psychology.  Article appearing in Endocrine Nurses Training Course 4-6 September 2000
    St Annes's College, Oxford, UK.

  5. Shifting the Paradigm of Intersex Treatment.
    Prepared by Alice Dreger, Ph.D., for the Intersex Society of North America.

  6. Adding the "I": Does Intersex Belong in the LGBT Movement
    By Emi Koyama, Intersex Initiative.

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Nous recherchons des correspondants en région, ainsi qu'à l'étranger.

Si vous aimez écrire et souhaitez participer,

Contactez nous à caritig@caritig.org ou au 0870.700.600.


Suite de l'article du TGA 09/04

Célia : Je vois deux mecs absolument et totalement CANONS tendrement enlacés au bord du cortège. C'est émouvant, je leur fais un petit signe en passant, ils me font un sourire, mais un sourire! Je suis émue, Monique Wittig avait raison, l'hétérosexualité est bien un régime politique! Mais on peut déstructurer l'espace social créé par ce régime politique. Au boulot, je me sens militante d'un coup! Let's go!

Christine : Mais, je m'égare, je reviens à la Marche. Célia nous a rejoint, enfin. Je suis contente de la voir à mes côtés. Elle me raconte un peu comment se passe le défilé car, obligée de faire la navette, elle a l'avantage de remonter l'ensemble et d'admirer (ou critiquer) les autres chars. Pour ma part, je n'ai vu que notre groupe et les deux formations qui nous encadrent. Je suis un peu jalouse ! Je lui tends un paquet de tracts et elle commence la distribution. Les réserves de papiers sont déjà bien entamées, pourvu que l'on en ait assez jusqu'à Bastille.


...suite dans la version réservée aux adhérents du CARITIG

Christine Delaine, Célia Duvar
Août 2004.

 

P.S. de Christine : En me relisant, je me suis aperçue que j'avais oublié de parler d'une personne présente à nos côtés, Sandrine. Cette jeune fille que je ne connaissais pas, toute de noir vêtue (gothique), d'une gentillesse incroyable, nous a considérablement aidés en distribuant de nombreux tracts. Elle a été très efficace. Je regrette de ne pas avoir pu discuter un peu plus avec elle et, ainsi, lier mieux connaissance. Merci Sandrine.

P.S. de Célia : Félicitations à Océane pour avoir défilé en bikini.

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MILLE ET UNE FAÇONS DE VIVRE SON GENRE

Nous avons vu que les hommes et les femmes biologiques étaient aussi concernés par le concept d'identité de genre que les autres.

Dans le chapitre sur le travestisme, nous avons évoqué l'influence du changement de la condition des femmes sur leur costume et leur genre apparent, et les relations entre le genre, le look et la condition masculine ou féminine.

Le classement commun des être humains les scinde en deux strictes catégories : hommes et femmes. Mais si l'on observe les êtres et si on les écoute, on peut s'apercevoir qu'il y a "trente-six mille" façons d'être homme ou femme, avec plus ou moins de masculinité ou de féminité diversement distribuées dans le psychisme ou dans l'apparence du corps, son style, ses gestes et attitudes.

Certaines femmes (l'inverse est valable aussi, bien que cela soit plus difficilement accepté socialement) expriment une part masculine d'elles-mêmes, par des accessoires, des vêtements (chapeaux, bottes, cravates, blousons, godillots...). Par exemple les "butchs"


...découvrez la suite de cet article en adhérant au CARITIG

Monoïk

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Au moment où un appel est lancé pour la création d'une journée internationale contre l'homophobie, appel que le CARITIG a signé, nous venons d' apprendre une triste nouvelle :

Fanny Ann Eddy, leader de la communauté LBGT du Sierra Leone vient d'être assassinée.

Fanny Ann Eddy, leader de l'association lesbienne et gaie de Sierra Leone (SLLAGA) est venue à Genève dans la délégation LGBT pour soutenir la résolution Brésilienne, elle avait témoigné avec éloquence devant la Commission des Droits de l'Homme à l'ONU. Fanny Ann a été tuée mercredi dans la nuit ou jeudi matin. Les meurtriers ont pénétré par effraction dans les bureaux de SLLAGA à Freetown tandis qu'elle était seule. Des informations différentes ont circulé. Dans un premier temps, il nous a été signalé qu'elle aurait été violée et que ses agresseurs lui auraient brisé le cou, à présent on nous informe qu'elle aurait été étranglée. Elle avait du courage et ne voulait pas penser aux éventuels risques. Elle laisse derrière elle un fils âgé de dix ans.

Vous trouverez ci-dessous son témoignage devant la Commission.


ONU 2004 - Déclarations par des ONG

Le silence crée la vulnérabilité.

Vous, membres de la Commission sur des droits de l'homme, pouvez rompre ce silence.

Mon nom est Fanny Ann Eddy et je représente MADRE, je suis également membre de l'association lesbienne et gai de Sierra Leone.

Je voudrais profiter de cette occasion pour vous faire savoir que notre population fait partie des groupes vulnérables et en danger non seulement dans mon pays aimé, la Sierra Leone, mais dans l'ensemble de l'Afrique.

Mon centre d'intérêt est la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre, un sujet que la plupart des chefs africains préfèrent éviter. En fait, beaucoup d'entre eux ne veulent même pas reconnaître que nous existons. Leur négation a beaucoup de conséquences désastreuses pour notre communauté.

Nous existons, mais en raison du déni de notre existence, nous vivons dans la crainte constante : crainte de la police et des fonctionnaires avec leur droit de nous arrêter et nous détenir en prison simplement en raison de notre orientation sexuelle. Récemment un jeune homme gai a été arrêté à Freetown pour s'être habillé en femme. Il a été détenu pendant une semaine entière sans qu'aucune charge ne soit apportée. J'ai personnellement pu discuter avec les autorités pour le libérer, cependant la plupart des personnes comme lui peuvent être gardées indéfiniment en détention parce qu'il y a très peu de personnes qui peuvent se faire entendre par les autorités.

Nous vivons dans la crainte que nos familles nous renient, car il est fréquent pour les lesbiennes, les gaies, bisexuels et transgenres d'être rejetés hors de la maison familiale quand notre différence devient notoire. Parmi les personnes qui sont rejetées hors de leur maison familiale en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre beaucoup sont jeunes avec nulle part où aller. Aussi ces personnes deviennent SDF, sans argent pour se nourrir et sans travail, elles deviennent travailleur/ses sexuel/les pour survivre.

Nous vivons dans la crainte au sein de nos communautés, où nous faisons face au harcèlement et à la violence constante des voisins et d'autres. Les attaques homophobes sont inpunies par les autorités, d'autres encouragent des traitements discriminatoires et violents à l'encontre des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres.

Quand les leaders africains prétextent la culture, la tradition, la religion et les normes ancestrales pour nier notre existence, ils envoient un message de tolérance envers la discrimination, la violence et l'indignité globale.

Cette condamnation a des résultats particulièrement désastreux dans le contexte du VIH/Sida. Selon une récente recherche éditée en décembre 2003 par l'association lesbienne et gai de sierra Leone en collaboration avec une agence de santé du pays, 90% des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes ont également des rapports sexuels avec des femmes, leurs épouses ou leurs petites amies. De ce groupe, 85% d'entre eux ont indiqué qu'ils n'emploient pas de préservatifs. Un message clair d'éducation et sur la transmission sexuelle du VIH n'est pas fourni à ces hommes en sierra Leone. Il est clair que beaucoup d'hommes se marient non pas parce qu'ils le désirent, mais parce que c'est ce que la société attend d'eux. Cette exigence de la société les force à craindre pour leur liberté ou leurs vies en raison de leur orientation sexuelle. Le silence qui les entourent, ce refus par la société d'admettre et reconnaître les différences les met en danger mais met aussi en danger leurs épouses et petites amies.

Cependant, en dépit de toutes les difficultés que nous devrons affronter, j'ai la foi que la reconnaissance par la Commission de la dignité inhérente et le respect dû aux personnes lesbiennes et gaies peut mener à un plus grand respect pour nos droits humains.

Comme l'a démontré la lutte de libération en Afrique du Sud, où la constitution interdit la discrimination basée sur l'orientation sexuelle, le respect des droits humains peut transformer la société. Cela peut mener des personnes à comprendre que nous sommes tous humains et que nous avons tous le droit au respect et à la dignité.

Le silence crée la vulnérabilité. Vous, membres de la Commission sur des droits de l'homme, pouvez rompre ce silence. Vous pouvez reconnaître que nous existons, dans l'ensemble de l'Afrique et sur chaque continent, et que des violations de droits de l'homme basées sur l'identité sexuelle d'orientation ou de genre sont commises chaque jour. Vous pouvez nous aider à combattre ces violations et à réaliser nos pleins droits et libertés, dans chaque société, y compris au Sierra Leone, le pays que j'aime.

Traduction : l'équipe bénévole du CARITIG avec l'aide de Stephen Barris de l'ILGA

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Depuis de nombreuses années, vous étiez nombreux à réclamer un système de paiement en ligne.

Ce système est à présent opérationnel.

Du fait, des difficultés financières que le CARITIG subit de plein fouet, nous espérons que vous serez nombreux à utiliser ce système pour soutenir l'organisation, que ce soit pour adhérer, renouveler votre adhésion ou faire un don.

Parmi les solutions de soutien, signalons que vous pouvez également choisir la solution d'un soutien régulier, mensuel d'un montant de votre choix.

Évidemment par ce geste, vous recevrez un bordereau pour déduction d'impôt.

Si vous êtes inscrits sur la liste de diffusion LCE, vous avez du recevoir des messages signalant la mise en ligne du mémoire de sociologie de Mélanie Golin.

Nous prévoyons dans un avenir assez proche, si nous trouvons le temps (sic !), de rédiger des notes sur chacun des mémoires que nous mettons en ligne, car il s'avère nécessaire de clarifier notre position par rapport aux écrits que nous diffusons. Cependant, le travail s'accumule toujours trop vite, pourrons-nous trouver le temps ?

La photothèque s'est également enrichie de quelques nouvelles séries de photos : vaginoplastie et mastectomie.

Petit rappel toujours nécessaire : nous recherchons des photos de résultats opératoires à publier sur le site. N'hésitez pas à nous en proposer. vous pouvez nous envoyer des photos papier, et nous vous les retournerons après les avoir scannées.

Vous avez du constater qu'un accès réservé aux adhérents est en cours de réalisation. Il sera, du moins nous l'espérons effectif en début 2005.

Rappelons aussi qu'il est également possible pour les adhérents de souscrire au TGA en version électronique. Cela vous permet de recevoir plus rapidement le bulletin.

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24 oct. - Atelier-Journée Maquillage

26 oct. - Journée Internationale des Intersexués

20 nov. - TDOR - Paris

20 nov. - TDOR - Toulon

27 nov. - Rencontre à Toulouse

?? Déc. - Rencontre à Marseille

Les dates des prochaines activités vous sont données sous réserve de modification



Permanence d'Accueil :

Les Permanences Téléphoniques au 0870.700.600 :



Samedi 27 novembre

en présence de Vincent Guillot, vice-président du CARITIG
et de Célia Duvar, co-responsable de l'antenne PACA

Nous vous proposons de venir nous retrouver

au Palladium
2 boulevard Lascrosses
31000 Toulouse

Plus d'informations dans le prochain TGA.



Dimanche 24 octobre de 10h30 à 20h00

animé par Sophie Chané, maquilleuse professionnelle

10h30 Installation miroirs et éclairages,
11h/13h Théorie maquillage, présentation produits,
14h/17h Pratique maquillage et coiffure
17h/20h Prothèses, fringues, look, manières, comportement, maintien, photos.

Prix : 10 euros
- Entrée gratuite pour les adhérents sur présentation de leur carte d'adhérent -


Cette journée aura lieu au CGL
Centre Gai & Lesbien - 3 rue Keller - 75011 Paris



Pour la première Journée Internationale des Intersexués en France,
le CARITIG vous propose :

Mardi 26 octobre à partir de 20h00

Projection du documentaire :
« Is it a boy or a girl »
en version française

Avec un débat animé par
Vincent Guillot,
vice-président du CARITIG
et Porte-parole de l'OII pour l'Europe

Cet événement aura lieu au CGL
Centre Gai & Lesbien - 3 rue Keller - 75011 Paris
Métro : Ledru-Rollin, Voltaire ou Bastille

Entrée gratuite
ouvert à tous dans le respect des différences



Pour la troisième année consécutive, le CARITIG organise le TDOR

Cette fois-ci dans deux villes :

samedi 20 novembre

Venez nous retrouver pour une veillée à Paris ou Toulon,
en souvenir des victimes de la transphobie.

À Paris : Centre Gai & Lesbien - 3 rue Keller - 75011 Paris

À Toulon : Association AVE - "Le Trident" - 1, rue Xavier Savelli - 83000 Toulon

Plus d'informations dans le prochain TGA

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TransGenre Actu est la lettre mensuelle d'information éditée par le CARITIG.
Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre.

Association Loi 1901, déclarée à la Préfecture de Police de PARIS le 23 janvier 1995 - N° 0280

Boîte Postale 756
75827 Paris CEDEX 17
France

Tél. : 0870.700.600 (prix d'un appel local depuis un téléphone fixe)

Tél./Fax : 01.53.17.05.27

- Répondeur en cas d'absence.

Entre 10 et 18 heures, et uniquement en cas d'urgence : Tél. : 0660.450.940

Attention ! Pour des raisons financières, le CARITIG ne peut pas vous rappeler.

Site Internet : www.caritig.org
E-mail : caritig@caritig.org

Directeur de la publication : Armand Hotimsky

Ont participé à ce numéro : Curtis E. Hinkle de l'OII, Célia, Christine et Stephen Barris de l'ILGA..

Date limite d'envoi des textes pour publication dans le numéro en préparation : le 10 du mois

Envoi de TransGenre Actu : entre le 20 et le 25

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Page mise à jour : dimanche 17 octobre 2004 Page maintenue par : Charlène © 1997-2004 CARITIG