BULLETIN MENSUEL D'INFORMATION DU CARITIG

février 2004 - N° 02/04

Dans ce numéro :


« Ce qu'on te reproche, c'est toi ; cultive-le »
Jean Cocteau



Le mois dernier, l'édito finissait par « comment ne pas participer à toute cette vie ? ». Ce mois-ci, avec des mots plus graves, je vous demande d'intervenir pour qu'une personne ne perde pas sa vie. Être travesti au Chili et être épris de justice paraît être assez incompatible dans ce pays. Alors ne restons pas silencieux !

Comme écrit en page 4, envoyons d'urgence des messages auprès du gouvernement chilien.

Si au Chili, la situation est dramatique, en France, un nouvelle avancée juridique vient d'avoir lieu. Vous en trouverez tous les détails en page 5. Cette décision de justice va certainement apporter un changement notable. C'est un signal qui vous montre bien que la société française bouge. Nous entendons tellement de larmoiements, qui se transforment en apathie.

Alors, il suffit de remonter dans le temps, et pas très loin, dix ou vingt ans, et l'on peut constater que les mentalités ont déjà beaucoup évolué. Même si l'on peut encore critiquer (et probablement pour longtemps) les médias dans leur approche de la question transgenre, aurions-nous pu imaginer voir en 1985 une danseuse étoile chinoise transsexuelle en prime-time ?

Ou encore la production et la diffusion d'un téléfilm sur France 2 avec un scénario délicat sur la réalité du vécu d'une transsexuelle ayant des enfants ? (nous faisons ici référence au film «Une autre femme»), et même comme dernier exemple, l'incroyable organisation d'une conférence par l'École de Psychanalyse Lacanienne en partenariat avec le CARITIG.

Oui, il y a du changement, et cela ne va pas s'arrêter là.

Certes, cela ne soulage pas toutes vos difficultés, mais prendre conscience qu'il y a un mouvement, que notre société n'est pas figée, est important. Cela encourage à devenir acteurs du mouvement, car celui-ci peut aller aussi bien vers le mieux que vers le pire. Alors à vous de savoir agir pour moins subir, c'est une des raisons de l'existence du CARITIG. Sans haine, sans colère, avec réflexion et efficacité, nous devons pouvoir participer à cette évolution.

Et cela peut commencer à une petite échelle, à l'exemple des rencontres : vous faire sortir de votre tanière, arrêter ce processus d'isolement dans lequel vous vous maintenez, c'est une première étape. Bruxelles, hier, comme le montre le petit compte-rendu en page 7, demain une autre ville. Nous espérons vous y voir et peut-être dans un deuxième temps, cela engendrera votre participation active.

Armand Hotimsky,
Président-Fondateur du CARITIG

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ET SI LES TRANSSEXUELS
NE CHANGEAIENT PAS DE SEXE ?

Je vous livre ici les quelques réflexions que j'ai pu me faire à propos du transsexualisme, au niveau de la cause elle-même et de la façon dont je perçois le phénomène.

Jusqu'à présent, les recherches médicales (sérieuses, bien sûr) ont bien mis à jour la notion de sexe psychique, dont l'inversion par rapport au sexe dit «biologique» serait à l' origine du transsexualisme.

Or, comme chacun peut s' en douter, sauf à croire en l' âme éternelle indépendante du corps, les manifestations psychiques ont de grandes chances de résulter d' une cause qui, elle, est bien organique. Concept d' ailleurs le plus souvent attaqué avec une grande virulence par des gens qui croient y voir le spectre d' une programmation initiale inéluctable, excluant toutes possibilités d' évolution ou de libre arbitre. Ce qui à mon sens n' est pas le cas, mais ceci relève d' un autre débat.

Cette réalité physiologique donc, vraisemblablement située dans le cerveau, et qui chez les transsexuels serait pour moi à l' origine, de l' opposition psychique au corps sexuellement inversé, n' est pas encore identifiable par la science. Ce qui ne veut pas dire, évidemment, que cette réalité n' existerait pas, bien au contraire. Le véritable esprit scientifique rationnel est capable de supposer ce qu' il ne connaît pas encore. Il semblerait d' ailleurs que certaines recherches s' orientent dans ce sens, avec à la clé quelques découvertes qui, sans être vraiment significatives, peuvent néanmoins être considérées comme très intéressantes.

En ce qui me concerne (et c' est là le point central de mon article), je serais tenté de supposer que cette éventuelle zone du cerveau puisse receler rien moins que le siège de la véritable appartenance de genre, en lieu et place des gènes et chromosomes (dont on a pu s' apercevoir qu' ils ne correspondaient pas toujours au genre véritable (1)).

Évidemment, l' avènement d' une telle conception relèverait d'un tel bouleversement dans la façon d' appréhender l' être humain, en totale indépendance vis-à-vis de son apparence physique, ce qui mon avis n' est pas pour tout de suite. Les mentalités ne changent pas en un jour...

Ainsi, une fois établie la preuve de son lien avec le sexe dit « psychique », si cette zone-là venait effectivement à être considérée par le corps médical comme la localisation du genre d' un individu, alors le sexe biologique d' une MTF, par exemple, pourrait être considéré le plus naturellement du monde comme réellement féminin et ce avant la transformation - rectification.

Le corps de cette même MTF pourrait, à ce moment être regardé, enfin, avec les mêmes yeux qu' elle, c' est-à-dire une monstrueuse et pathologique virilisation du corps, une sorte d' hermaphrodisme poussé à l' extrême qui toucherait tout, même les organes sexuels.

A ce stade du raisonnement, d' aucuns pourraient alors objecter : « bien sûr, c' est bien joli tout cela, mais on retombe dans les plans - transsexualisme = maladie ! », ce à quoi je réponds : oui, cela en est une. Mais attention, je ne parle pas ici de maladie psychiatrique, au sens où on l'entend habituellement. D' ailleurs, quand j' évoque plus haut le corps médical et la recherche, j'en exclus évidemment -on l'aura compris - toutes les tentatives de récupération du phénomène TS par des idéologies psychanalytiques et psychiatriques plus que douteuses et de toute façon dénuées de tout esprit scientifique. Quand j'emploie le mot «pathologie», je désigne simplement par ce terme cette anomalie d' origine physiologique décrite plus haut, qui constitue ma conception personnelle de ce que l' on appelle communément «transsexualisme(-ité)» et que je tente de vous exposer dans cet article.

D' ailleurs, puisque nous sommes dans les questions de termes plus ou moins appropriés, ceci me pousse, du coup, à récuser les mots TS et transsexualité, lesquels à mon avis portent avec eux la notion de migration d' un genre à un autre. Le «trans» -quelque chose étant celui qui migre, passe d' un état à un autre. Les mots américains MTF et FTM (Male To Female ; Female To Male) relèvent eux aussi du même point de vue. Tout en continuant à les employer dans mes articles (pour des raisons évidentes de compréhension), je leur préférerais nettement un terme qui laisserait entendre que l' individu demeure sa vie durant du même sexe, avant et après transformation. La chasse aux idées est ouverte !

Il est à noter que la notion même de pathologie - anomalie nous sépare radicalement de tous les groupes humains avec lesquels on aurait tendance à nous fondre (homos, travestis...) sur la seule foi de l'apparence. Ces derniers en effet vivent, ou en tout cas devraient pouvoir vivre en tant que tels, sans chercher à gommer ce que la bonne morale bien pensante tend à détruire chez eux. Qui oserait affirmer que les TS devraient se vivre comme tels, sans chercher à rectifier leur physique ni leur état civil ? On voit bien qu' il y a anomalie, puisque l' on cherche à la rectifier et que tous les efforts militants des TS vont dans ce sens. On imaginerait mal les homos militer pour l' accès aux soins médicaux qui leur permettraient de devenir hétéros (?!?). Pour nous, il semble que la voie de la reconnaissance exacte passe d' abord par l' acceptation de cette notion de pathologie médicale.

Allons encore plus loin : ainsi pourrait-on tordre définitivement le cou à cette idée reçue consistant à croire que les TS ont fait un choix de vie, idée que l' on retrouve non seulement chez le grand public, mais aussi (et c' est pour cela que j' en parle) jusque dans les conversations et plaisanteries des TS eux-mêmes. Un seul exemple : à une personne qui me disait un jour, à propos de ma calvitie naissante : «ça, c' est les hormones, fallait y penser avant». J' ai alors répondu : «TS ou non, je n' ai pas choisi d' être un mec. Je le suis simplement, et j' en subis les conséquences comme n' importe quel autre mec ». Force est tout de même de constater qu' on n' aurait jamais fait la remarque à un homme de naissance.

Afin d' étayer cette hypothèse générale, objet de mon article, et à mon avis plus que sérieuse, je mettrai maintenant en avant le fait suivant : sur une population non TS, on trouve un petit pourcentage (peut-être 5%, 10%... ?) de personnes qui ont dans leur physique un peu de l'autre sexe, pas beaucoup mais suffisamment pour que cela leur empoisonne notablement la vie : femmes très poilues, hommes aux hanches larges ou aux tétons qui « pointent »... Chez ceux que l'on dit TS, j' ai pu constater au fil des années que ce pourcentage s' élève vertigineusement (on ne doit pas être loin des 100% !). Nous avons quasiment tous dans le physique quelque chose qui dès le départ relève de notre sexe véritable, à un point tel que cela ne peut que très difficilement être considéré comme une coïncidence : telle MTF a toujours eu un taux d'oestrogènes très élevé ; telle autre n'avait presque pas de pilosité ; tel FTM n' a eu ses règles que très tard, vers 18-20 ans ; moi-même je pense posséder un squelette plutôt masculin avec épaules plus larges que le bassin, ce dernier malheureusement dissimulé sous une masse graisseuse bien féminisante, elle (2). Plus encore certain(e)s transsexuel(le)s en arrivaient même à présenter un physique de départ carrément hermaphrodite au sens commun du terme (Maud Marin, je crois...), avec organes sexuels atrophiés, dysmorphiques.

Alors là, je tiens à préciser tout de suite une chose, en hommage à tous ceux et toutes celles qui n' ont absolument rien de leur sexe véritable dans leur physique avant transformation, et qui de ce fait se trouvent en butte, dans une lutte très douloureuse, aux institutions civiles et médicales lesquelles leur refusent souvent l'appellation de TS. A mon avis, non seulement c' est faux mais ce serait même plutôt à eux de représenter le transsexualisme le plus « pur », c' est-à-dire le cas où le sexe véritable se trouve confiné exclusivement dans le dernier bastion qui lui reste (cette fameuse zone non identifiée du cerveau ?).

Je soulignerais enfin, pour la petite histoire, que cet état de fait physiologique des TS m' a été confirmé par un endocrinologue, à qui j' avais soumis la question et qui m' avait, lui, parlé de « prédisposition physiologique » (je cite là ses propres mots). Même si ce mot « prédisposition » s' éloigne de mon point de vue pour rejoindre une conception plus classique de la transsexualité, cela ne l' infirme pas pour autant.

Pour conclure cet article et résumer tout ce qui y a été dit, ma propre vision des choses sous forme d' arc-en-ciel, ou de « parapluie » (pour reprendre une idée intéressante de schéma vue dans le CDT n°7/20) est la suivante :

La grande différence entre mon « parapluie » et la « transgender umbrella » décrit dans un précédent numéro, c' est que le mien place les TS à l' extrémité d' une échelle qui part de la personne dite « normale » (au physique en rapport avec l' esprit) et franchit toutes les gradations de l'hermaphrodisme physique plus ou moins poussé vers l' autre sexe. Autrement dit, place les TS aux côtés de personnes que l' on évoque peu habituellement. Tous ceux en revanche que l' on évoque beaucoup plus et que l' on retrouve dans la transgender umbrella sont à mes yeux, comme je l' ai dit plus haut, des gens qui n' ont rien à voir avec les TS. (3). Je sais, je me répète, mais ceux qui lisent mes articles savent qu' ils ont là affaire à un de mes chevaux de bataille préférés.

Il y a là, à mon avis, une réalité, dont je pense qu' il ne faudrait plus à présent perdre de vue, pour ne serait-ce que pouvoir en débattre, et aller plus loin encore dans la recherche de la vérité.

Nicolas

Article publié dans le CDT n°16/29
décembre 1998/ janvier / février 1999

(1) Je ne me souviens plus de ma source, peut-être une revue scientifique - Information à vérifier donc

(2) Sources précises : outre mon propre exemple, il s'agit soit de connaissances personnelles, soit de personnes vues et entendues à la télévision.

(3) Je ne parle pas ici des transgendéristes qui représentent encore un autre aspect de la problématique et mériteraient un article à eux tous seuls. Peut-être cette hypothétique « zone du genre » peut-elle pour eux, se révéler elle-même fluctuante ou mixte, réalisant une « androgynie de l'esprit » - (l'expression vient d' un(e) ami(e) transgendériste), soit cyclique, soit permanente ? En tout cas, il semble bien que les TG soient la seule catégorie de la population humaine à pouvoir réellement se définir comme 3ème sexe.

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Ceci est un message d'Amnesty International. Nous avons déjà fait circuler dans le passé des appels à pétition concernant d'autres pays d'Amérique latine tel que le Venezuela, l'Argentine, l'Uruguay.

CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ

Rodrigo López Barrera, président de TravesChile (association de travestis) pour la province de l'Aconcagua, région de Valparaíso

ACTION URGENTE

Document public AMR
22/01/2004 au 04/04
ÉFAI - Londres, le 06 janvier 2004

On aurait tiré des coups de feu sur un défenseur des droits des travestis alors qu'il se trouvait dans la rue ; cette personne aurait en outre reçu des menaces de mort. Amnesty International est fortement préoccupée par sa sécurité. Le 16 décembre 2003, un correspondant anonyme aurait proféré des menaces de mort contre Rodrigo López Barrera au téléphone. Deux jours plus tard, on a fait feu sur lui à plusieurs reprises alors qu'il marchait dans la rue à San Felipe, ville située à l'ouest de Santiago. Le 20 décembre, il a été suivi par un véhicule. En sa qualité de président de l'association TravesChile de l'Aconcagua, Rodrigo López a été amené, depuis avril 2002, à porter plainte au nom de la communauté des travestis, en raison des manoeuvres de harcèlement et des agressions subies par celle-ci, et à s'exprimer publiquement contre ces agissements. Des plaintes concernant les récentes agressions dont Rodrigo López Barrera a été la cible ont été déposées auprès des autorités chiliennes ; il semble cependant qu'aucune enquête n'ait été ouverte. Amnesty International craint que les attaques dirigées contre Rodrigo López ne soient liées à ses activités de défenseur des droits de la communauté des travestis dans cette région.

Informations générales :

Selon les informations reçues, des membres de minorités sexuelles de la province de l'Aconcagua ont fait l'objet de manoeuvres de harcèlement, et plus de 30 personnes ont subi des violences physiques. Vladimir Mario Ibañez Carrasco et Boris Javier Covarrubias, deux travestis, ont été tués respectivement en avril et décembre 2002 dans des circonstances non élucidées. Certes, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur ces homicides, mais Amnesty International s'inquiète du fait que les autorités ne semblent pas mener des investigations dignes de ce nom sur les allégations de menaces et d'agressions. L'organisation craint également que les personnes signalant ce type d'atteintes aux droits humains ne subissent à leur tour des pressions qui viseraient à empêcher qu'une suite satisfaisante soit donnée aux plaintes.

ACTION RECOMMANDÉE

dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol si vous le pratiquez couramment, sinon en anglais ou dans votre propre langue) :

Appels à envoyer :

Ministre de l'Intérieur :

Sr. José Miguel Insulza
Ministro del Interior
Ministerio del Interior
Palacio de la Moneda
Santiago, Chili

Télégrammes : Ministro Interior, Santiago, Chili

Fax : +562 699 21 65

Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

Ministre de la Justice :

Sr. Luis Bates
Ministro de Justicia
Ministerio de Justicia
Morandé 107
Santiago, Chili

Télégrammes : Ministro Justicia, Santiago, Chili

Fax : + 562 695 4558 / 698 7098/ 66952/ 714486

Formule d'appel : Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

Gouverneur de la province de Los Andes :

Sr. René Canales Páez
Sr. Gobernador Provincial de los Andes
Santa Rosa No. 28
Los Andes, V Región
Chili

Télégrammes : Sr. Gobernador, Los Andes, V Región, Chili

Fax : +563 442 2757

Formule d'appel : Sr. Gobernador, / Monsieur,

Intendant de la région de Valparaíso :

Sr. Luis Guastavino
Sr. Intendente V Región
Intendencia
Melgarejo 669 Piso 19
Valparaíso, V Región
Chili

Télégrammes : Sr. Intendente, Valparaíso, Chili

Fax : +563 223 8775

Formule d'appel : Sr. Intendente, / Monsieur,

Copies à :

Ministre des Affaires étrangères :

Sra. Soledad Alvear Valenzuela
Ministra de Relaciones Exteriores
Ministerio de Relaciones Exteriores
Catedral 1158, Piso 3
Santiago, Chili

Fax : +562 699 4202

Journal :

La Tercera
Vicuña Mackenna 1870
Santiago, Chili

Fax : +562 550 7999

ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Chili dans votre pays.

Prière d'intervenir immédiatement.

Cette action est également consultable sur le site d'Amnesty International :

http://web.amnesty.org/library/Index/FRAAMR220012004?open&of=FRA-CHL

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C'est par l'AFP que nous avons appris la nouvelle dont voici le texte :

28/01/04 - 11h07
priorité 4 Justice-société

La sécurité sociale doit rembourser
les interventions sur les transsexuels

PARIS, 28 jan (AFP) - La Cour de cassation a jugé mardi que la sécurité sociale devait rembourser les opérations des transsexuels, alors qu'un patient se heurtait à l'opposition de la Caisse primaire d'assurance maladie de Laon (Aisne), a-t-on appris mercredi auprès de la Cour. Le transsexuel, devenu homme par une opération en 1996, réclamait le remboursement de cet acte réalisé dans une clinique privée, mais se heurtait à l'opposition de la Caisse. La Cour d'appel d'Amiens avait donné gain de cause à la CPAM le 7 mars 2002, en jugeant que la nomenclature générale des actes professionnels, qui dresse la liste des actes médicaux remboursables, n'incluait pas les actes liés au transsexualisme. Elle avait ajouté que si une lettre ministérielle de juillet 1989 autorisait cependant la prise en charge de tels actes, cette lettre limitait le remboursement aux opérations réalisées en milieu hospitalier public, alors que l'intéressé avait été opéré dans une clinique privée. Cet arrêt a été cassé car, dit la Cour de cassation, "aucune disposition légale ou réglementaire n'interdit la prise en charge d'actes médicaux pour la raison qu'ils sont liés au transsexualisme". La Cour de cassation précise que les actes pratiqués sur le transsexuel doivent être remboursés s'ils figuraient à la nomenclature générale des actes professionnels. AFP

Cette décision est capitale. Pour se rassurer, il faut rappeler que la Cour de Cassation est la plus haute Cour française ; le seul recours possible actuel pour la CPAM serait d'aller à la Cour Européenne où elle serait déboutée. Car cette dernière s'est déjà positionnée sur des cas certes non identiques mais assez proches, tel que les affaires Decker ou Kohll par exemple.

Donc, il s'agit bien d'une avancée importante. Même si nous n'avons pas encore l'arrêt entre les mains pour en faire une évaluation complète, il n'en est pas moins possible d'en dégager les grands principes retenus :

On peut en déduire les faits suivants :

Cet arrêt donne clairement la possibilité à tous les transsexuels de se faire opérer par le médecin de son choix.

Évidemment, l'intervention dans cette décision de justice a été effectuée dans une clinique privée en France, aussi le problème reste prégnant pour ceux qui choisissent de se faire opérer à l'étranger ; cependant on peut présumer que les caisses feront moins de difficultés lors des demandes de prises en charge (pour les pays faisant partis de l'Union Européenne). Il faudra certainement encore argumenter mais la négociation sera plus facile que par le passé.

A ce propos, un adhérent du CARITIG nous a demandé notre aide dans le combat qu'il a décidé de mener pour obtenir le remboursement de son intervention effectuée en Belgique. Nous allons donc nous atteler à la tâche en espérant que les délais de recours ne sont pas dépassés. L'espoir est grandissant quand aux chances de réussite, et quoi qu'il en soit, vous serez informés.

Finalement, la Cour de Cassation a ainsi rectifié une injustice pouvant porter préjudice à l'état français, car cette situation aurait pu être amenée à la Cour Européenne de Justice. La CPAM aurait perdu, c'est une évidence.

Pour ne pas revivre les événements de 1990 et 1992, la Cour de Cassation a pris les devants. Pour mémoire, en décembre 1990, la Cour de Cassation refusait le changement d'état civil des transsexuels en se basant sur l'impossibilité pour l'individu de changer son statut chromosomique. Mais en décembre 1992, suite à la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, la Cour de Cassation revoyait sa copie.

Un des intérêts majeurs de ce rendu, est également la reconnaissance du médecin privé, donc tout à fait apte à gérer la question transsexuelle. Pourtant les médecins des équipes officielles se sont appliqués à dénoncer constamment l'incapacité de leurs confrères à prendre en charge les transsexuels. Ils ont agité sans cesse l'épouvantail du charlatanisme, proférant également des critiques avec véhémence et autorité et s'indignant que des médecins puissent gagner leur vie avec des clients transsexuels. De leurs côtés, ces équipes ont souvent tendance à faire croire à leurs clients qu'ils s'officient gratuitement, ce qui est un pur mensonge, car faut-il rappeler que celles-ci sont financées par la Direction Générale de la Santé. Alors on peut s'interroger sur le devenir de ces équipes, vont-elles continuer à être financées ?

Comme le système de la Sécurité Sociale est sur le déclin, n'est-ce pas là en même temps une mauvaise nouvelle ?!

Les opérations seraient prises en charge, oui mais... jusqu'à quand ? Et à quel taux ?

Sommes-nous en route pour un système étasuniens obligeant les transsexuels et transgenres à prendre en charge une grande partie de leurs frais où la nécessité d'une bonne mutuelle est vitale. On peut présumer que les combats des dix prochaines années seront liés aux assurances complémentaires. Aux États-Unis, beaucoup de mutuelles refusent d'assurer les transsexuels, ou elles précisent dans leur contrat qu'il n'y a pas de prise en charge des traitements en cas de transsexualité.

Nous allons veiller.

Autre point inquiétant sur la base de la dépêche AFP : la Cour de Cassation ... précise que les actes pratiqués sur le transsexuel doivent être remboursés s'ils figuraient à la nomenclature générale des actes professionnels » ; cela me fait penser aux difficultés rencontrées par les transsexuels suisses. Ainsi pour une vaginoplastie, certains actes de cette chirurgie étaient remboursés et pas d'autres. Car la vaginoplastie ne représente pas un acte mais plusieurs pratiqués ensemble qui donnent le résultat souhaité. Par exemple, la labiaplastie risque d'être considérée comme de la chirurgie esthétique, donc ne rentrant pas dans la nomenclature. Il n'y a pas de petites économies pour la Sécurité Sociale ! N'étant pas un spécialiste de la question, je m'interroge, il sera important de suivre de près cet autre aspect des choses.

Mais revenons sur la question des médecins du privé, car il s'agit là d'une victoire importante. Le CARITIG a toujours indiqué la nécessité pour une meilleure qualité des soins et traitements que les personnes puissent choisir leurs intervenants, qu'ils soient dans le privé ou le public. A présent, Nous allons pouvoir mener des actions de sensibilisations auprès des professionnels du privé, et même si nous ne pouvons l'affirmer aujourd'hui, il est fort probable que dans un avenir proche le choix du chirurgien se fera dans des conditions beaucoup plus favorables qu'à l'heure actuelle.

Armand Hotimsky,
Président-Fondateur du CARITIG

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Le temps était humide pour cette première rencontre à Bruxelles. Malgré tout, les participants de cette rencontre ont pu se réchauffer dans un lieu amical, même si la sono qui se trouvait au dessus de nos têtes échauffait aussi nos tympans !

Nous étions une quinzaine à nous retrouver pour échanger et débattre autour de bonnes bières belges ou plus simplement avec du thé.

Certaines ont effectué de longs kilomètres pour nous rejoindre, d'autres plus proche ont ainsi pu s'exprimer en toute liberté et en toute confiance.

Après un tour de table où chacun s'est présenté en quelques mots, l'équipe présente du CARITIG (composée de Carole Maat, Trésorière, Dominique T. et Jean, tous deux bénévoles, et Armand Hotimsky, co-président) a expliqué son travail pour les personnes qui ne nous connaissaient pas encore, en présentant les activités de l'association.

Les échanges ont ainsi pu débuter dans un climat très convivial, chacun racontant son histoire, ses expériences.

Les débats ouvrant l'appétit, nous avons dîné tout en continuant à débattre une bonne partie de la soirée en toute simplicité.

Il est certain qu'au travers de cette rencontre des liens se sont tissés entre les personnes présentent. Nous espérons bien qu'une nouvelle rencontre à Bruxelles se fera, nous attendons que nos ami/es belges trouvent des locaux plus adaptés !

Carole Maat, Trésorière

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Sur caritig.org


Si le nombre de connectés au site augmente, nous savons pourquoi !

Notre investissement dans le développement de l'information par internet est constant depuis de nombreuses années, et nous avons bien l'intention de continuer.

Annoncée depuis le mois de novembre, vous allez bientôt pouvoir découvrir la nouvelle rubrique sur les définitions. Certes, ce ne sera qu'une esquisse du projet en question, car celui-ci encore une fois ne dépendra que de vous.

Également, la photothèque va voir sa « collection » augmentée : une petite série sur une vaginoplastie faite en France, ainsi que d'autres photos viendront compléter celles déjà en ligne.

Cependant, nous continuons à attirer votre attention sur la nécessité de recevoir des photos par vous et non par des médecins qui auront tendance à nous fournir des photos d'interventions bien sélectionnées et particulièrement valorisantes pour leur travail.

Ce n'est qu'avec vos documents qu'il nous sera possible d'avoir des informations fiables. Aussi merci d'avance de nous envoyer des clichés des résultats de vos opérations.

A propos des listes de diffusion, nous vous rappelons que l'inscription à la LCE est gratuite et ouverte à tous :

http://www.caritig.org/lettre/lettre.php3

Si vous êtes adhérent et souhaitez devenir militant ou bénévole au sein du CARITIG, il existe une toute nouvelle liste de diffusion « bénévoles »spécialement pour vous, à découvrir sur la page d'accueil du site. Il en va de même pour les adhérents qui souhaitent souscrire au TGA en version électronique.

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Les permanences sur le Chat :

Attention, quelques changements dans les horaires des permanences sur le Chat :

Valérie a constaté la difficulté de tenir la permanence durant la journée, peu de personnes sont disponibles. Aussi, elle vous proposera bientôt de la retrouver un soir, encore non défini à cette date.

Tony nous a signalé qu'environ 5/6 personnes viennent communiquer avec lui le dimanche soir. Il semble que la permanence du dimanche soir a trouvé son équilibre.

Également, les conseils et informations diffusés lors de ces échanges se font en dehors du contrôle de la direction du CARITIG. Le CARITIG ne peut être tenu responsable que des publications « papier » élaborées par son Conseil d'Administration (TGA, communiqués de presse, Fiches pratiques, etc.)

Ces permanences bien qu'encouragées et soutenues par le CARITIG sont animées par des volontaires qui tentent d'aider avec les moyens qui sont les leurs. Pour les questions médicales, ils ne peuvent aucunement remplacer les conseils et avis de médecins.

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6 février - Débat au CGL du Mans

10 février - Atelier Cinéma

21 février - Assemblée Générale

10 mars - Session de Recrutement

20 mars - Réunion au CRIPS

Les dates des prochains ateliers et réunions vous sont donnés sous réserve de modification.



Permanence d'Accueil :

Tous les mercredis de 18 à 20 heures, des bénévoles vous reçoivent au Centre Gai & Lesbien - (CGL) - 3 rue Keller - 75011 Paris

Les Permanences Téléphoniques au 01.53.17.05.27 :



Ces permanences sont tenues selon la disponibilité des bénévoles et sous réserve de modification.


En raison d'importants et probables changements dans le fonctionnement du CARITIG, les lieux indiqués pour les manifestations peuvent être modifiés. Aussi nous vous invitons vivement à nous téléphoner pour avoir confirmation des adresses à partir du mois de mars.


Vendredi 6 février à partir de 20 h 00 précise

« État des lieux de la question transgenre en France »

Ce débat aura lieu au

Centre Gai & Lesbien
26 av. Général de Gaulle
72000 Le Mans

Entrée gratuite



Mardi 10 février à 20h00

Dominique Place vous propose de venir voir un film et débattre :

Programme non défini au moment de l'impression du TGA

Cette projection aura lieu au

Centre Gai & Lesbien
3 rue Keller - 75011 Paris
Métro : Ledru-Rollin



Samedi 21 février

à partir de 11 h 00, ouverture du bar,
12 h, déjeuner, pizzas (2,50 EUR), boissons (1 EUR), gâteaux (2,50 EUR)

- Voir document joint au TGA avec l'ordre du jour -

Cette rencontre se tiendra dans les locaux du CRIPS

Tour Maine Montparnasse
12ème étage
Métro : Montparnasse-Bienvenue



Mercredi 10 mars de 20 h 00 à 22 h 00,

Nous organisons une session de recrutement de bénévoles et militants.

A travers cette réunion, nous vous donnerons l'opportunité de mieux connaître l'association, ses activités et ses actions.

Cette session aura lieu au

Centre Gai & Lesbien
3 rue Keller - 75011 Paris
Métro : Ledru-Rollin

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TransGenre Actu est la lettre mensuelle d'information éditée par le CARITIG.
Centre d'Aide, de Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre.

Association Loi 1901, déclarée à la Préfecture de Police de PARIS le 23 janvier 1995 - N° 0280

Boîte Postale 756
75827 Paris CEDEX 17
France
Tel./Fax 01.53.17.05.27.

- Répondeur en cas d'absence.

Entre 10 et 18 heures, et uniquement en cas d'urgence : Tel. 0660.450.940.

Attention ! Pour des raisons financières, le CARITIG ne peut pas vous rappeler.

Site Internet : www.caritig.org
E-mail : caritig@caritig.org

Directeurs de la publication : Armand Hotimsky et Dominique Place

Ont participé à ce numéro : Nicolas, Amnesty International, Carole Maat, Dominique et Pascal Lebrun.

Date limite d'envoi des textes pour publication dans le numéro en préparation : le 10 du mois

Envoi de TransGenre Actu : entre le 20 et le 25

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Page mise à jour : dimanche 8 février 2004 Page maintenue par : Charlène © 1997-2004 CARITIG