TransGenre Actu 09/04


NOUS DEUX, UN JOUR DE JUIN

7h09

Christine : Le train s'ébranle, doucement, presque silencieusement, m'emportant loin de mon quotidien vers une journée inoubliable, ma première Marche des Fiertés en ce samedi 26 juin. Pourtant, quelques jours auparavant, je n'étais pas sûre d'y participer, non pas par peur du qu'en dira-t-on, mais en raison d'évènements familiaux prévus de longue date. Finalement, tout s'est arrangé, je file vers ma première étape de la matinée, Gare du Nord et, au-delà, l'hôtel dans lequel séjourne ma grande amie Célia, du lointain Var, novice tout comme moi pour ce genre d'évènement.

Célia : Dans le minuscule cabinet de toilettes de ma chambre d'hôtel, je regarde les dégâts dans le miroir. Je ne me suis pas couchée tard hier, je n'ai pas fait ma dérive alcoolisée habituelle dans les bars du Marais, comme chaque fois que je viens à Paris. Je voulais être en forme. Résultat, j'ai du me réveiller au moins 237 fois dans la nuit. Je me jette sous la douche, j'ai une tête à faire peur. Et Christine qui arrive!

8h20

Christine : Les voyageurs tourbillonnent autour de moi dans le vaste hall de la gare majestueuse. Je m'engouffre rapidement dans le métro tant il me tarde de revoir Célia. La dernière fois, c'était lors de l'A.G. du CARITIG au mois de février. Depuis, c'est par mails interposés que nous gardons un lien devenu indispensable entre nous.

Célia : Agrippée à mon gobelet de café, je regarde sur le boulevard pour la 18éme fois si je vois Christine. J'ai eu un moment d'appréhension en sortant de ma chambre avec mes NewRock aux pieds. En plus elles sont neuves, déjà que je me fais insulter dans la rue dans mon bled, ce n'est pas la peine d'en rajouter. Et on ne doit pas bien courir avec ça, j'en ai l'intuition. Je remonte dans ma chambre en prenant un deuxième café au passage et au distributeur. Christine !

8h45

Christine : Ça y est, me voilà dans l'entrée de l'hôtel. Je demande le numéro de sa chambre, je monte. Dans l'escalier, je revois nos derniers messages de réconfort mutuel face à notre combat quotidien pour le droit d'exister. Heureusement qu'elle était là ! Plus que quelques marches, mon coeur bat fort. Enfin, elle est là qui m'attend devant sa porte. Je vous passe nos retrouvailles chargées d'émotion.

Célia : Le téléphone a sonné, c'est elle ! Elle est en bas ! Je me rends compte d'un coup que c'est réel tout ce qui m'arrive. Christine est là et on va participer à la Marche des Fiertés LGBT, d'abord. J'ai une pensée pour mon triste quotidien, mais pas avec nostalgie. On se tombe dans les bras. Enfin !

9h00

Christine : Nous avons tant à nous dire que nous filons au troquet du coin papoter devant un bon café. Cela nous permet aussi de définir nos prochaines heures. Nous avons rendez-vous près du char du CARITIG à partir de 10h00. Nous avons juste le temps de retourner à la chambre afin que je puisse me changer (Célia était déjà prête).

Célia : Au Bar du Centenaire, à l'angle de la rue Oberkampf et du boulevard du Temple, c'est incroyable ce que je ressens. Même si je suis la parfaite provinciale, j'ai eu de la famille sur Paris et, enfant, j'ai joué dans ces rues du 11ème arrondissement. D'y revenir avec Christine trente ans après me donne l'impression d'avoir fini un cycle de ma vie. Et elle a adoré mon micro - T-shirt rose ras le nombril marqué Beach Girl - Spirit Toulon. Je suis contente. Merde, en toutes circonstances, avoir du style, c'est ça le primordial, non enfin ?

9h30

Christine : J'étale mes derniers achats sur le lit (vêtements, accessoires,...) ce qui nous donne une nouvelle fois l'occasion de parler chiffon sur les adresses de boutiques (ah, ces femmes ! ! !). Étant en début de transition, j'ai opté pour une tenue assez androgyne mais 100% féminine. Je dois aussi avouer que mon plus gros souci,...

...suite dans la version réservée aux adhérents du CARITIG

.../... Suite dans le TGA d'octobre.

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Page mise à jour : vendredi 10 septembre 2004 Page maintenue par : Charlène © 1997-2004 CARITIG