TransGenre Actu 07-08/04
Avez-vous vu ce vieux western de Sam Peckinpah (La horde sauvage - 1969) ou William Holden dit à ses complices "Let's go !" et où ils partent vers leur destin en sachant qu'ils n'ont aucun espoir mais qu'ils doivent y aller quand même ? C'est tout à fait l'état d'esprit que mon optimisme naturel m'incitait à avoir en enfourchant ma moto en cette après-midi du samedi 8 mai 2004. Qu'il était loin le moment où, après l'AG de février, j'avais dit à Armand Hotimsky que je souhaitais devenir bénévole et où il m'avait parlé d'organiser une rencontre d'information dans ma lointaine province. J'avais bêtement répondu bien sur, je m'en occupe. Quelle conne ! Je n'imaginais ni la somme de boulot que ça serait, ni la croissance exponentielle de mes inquiétudes et autres angoisses. Je devais d'abord récupérer Thierry à la gare, son train arrivant de Nice une heure avant la rencontre. Ça me faisait quelque chose à faire vu que, depuis le matin, je commençais à user le carrelage à force de tourner en rond chez moi. Armand et un bénévole parisien étant sur la route, il n'y avait rien de plus à faire qu'attendre.
Témoignage de Thierry : Une rencontre toulonnaise enrichissante.
Le 8 mai 2004 s'est déroulée une réunion entre personnes transsexuelles dans le Sud-est de la France et plus exactement sur Toulon par l'initiative du CARITIG et de sa dévouée adhérente, Célia. Des échanges constructifs et enrichissants ont été l'atout majeur de cette rencontre donnant ainsi naissance au projet de la création d'une antenne CARITIG dans la région PACA, dixit Armand Hotimsky, président du CARITIG. Cette réunion qui restera certainement dans toutes les mémoires qui a permis non seulement de débattre sur des sujets qui tiennent à coeur chez la majorité des personnes présentes : création d'une antenne Sud-est pour s'épauler, s'informer mais aussi pour partager des loisirs. Tels furent les sujets débattus en première partie de réunion dans un sympathique bar en plein coeur de Toulon. Cette rencontre a également donné l'occasion aux transsexuels de proximité de se rencontrer et de lier amitié en seconde partie de réunion dans un restaurant à Ollioules où régnaient la bonne humeur, la détente, les rires. L'ambiance fut chaleureuse et bon enfant. C'est avec regrets et non sans mal que les personnes se sont quittées mais se sont promises de se téléphoner, de s'écrire et mieux encore, de se revoir. Cette rencontre a rompu l'isolement et la solitude de bon nombre de personnes tout comme elle a permis le passage d'un brin de lumière dans leur long et périlleux tunnel de leur quête à l'épanouissement.
Je retrouvais Thierry à la gare, on a discuté, sympathisé, pris un café. Mais l'heure tournait et il fallait bien aller vers le bar (stress niveau n+1). Le bar ouvre normalement à 18H00 et ils ouvraient ce jour là exprès pour nous une heure avant. Nous sommes arrivés avec dix minutes d'avance et, évidemment, c'était fermé. Thierry m'a dit en plaisantant qu'ils avaient du nous oublier. Stress niveau n+2, je le savais, ça va foirer, je le savais ! Une voiture immatriculée dans le nord s'est engagée dans la rue. Ouf ! Nos parisiens sont là ! Je découvris qu'il y avait déjà du monde sur le trottoir que je n'avais même pas remarqué (quelle conne !). Claire, Marc, Arlette et notre doyenne de la rencontre, Yvette.
Témoignage d'Yvette : J'ai été très heureuse de rencontrer de nouvelles "têtes" dans notre région et je constate que nous sommes très nombreuses et que nous ne nous connaissons pas. Ces réunions sont très bien et à renouveler le plus souvent possible mais cela dépend de la disponibilité de chacun(e).
Yvette est impressionnante d'énergie et de dynamisme ! Quel âge peut-elle avoir, notre doyenne ? Mais on ne demande pas l'âge d'une dame, enfin ! Puis tout le monde est arrivé, Gilles de Nice, Samuel, Thierry, Anne et Yohan, d'Aix-Marseille. Et enfin, les deux plus éloignées donc les plus méritantes, Aurélie de Montpellier et Béatrice de Lyon. Pour vous deux, Mesdames, un seul mot : Respect, comme disent les jeunes.
Je rencontrais enfin Yohan qui me coachait par téléphone depuis des semaines et qui encaissait, sans broncher, mes sautes d'humeur, mes peurs, mes craintes, mes angoisses, mes jérémiades et mes pleurnicheries. Sans lui, il n'y aurait pas eu de rencontre, je dis cela avant de passer le témoignage de Béatrice : Moi, je suis venue, parce qu'on m'a parlé de cette réunion de Toulon, ne connaissant personne vraiment jusqu'au jour même. C'est vrai, Lyon n'est pas la porte à côté, quelques poignées de kilomètres, mais ce n'est pas de moi que je dois parler. Je voudrais remercier en particulier Célia, qui a organisé cette rencontre, ô combien importante pour des personnes souvent isolées, solitaires dans leur parcours. Célia que j'ai découverte ce samedi, qui a su se donner pour que cette rencontre soit une réussite. Car, chercher une salle, trouver un restaurant n'a pas dû être facile, il faut du courage, de l'énergie. Cela occasionne du stress, vouloir que tout soit réussi et de mon point de vue, c'était réussi, puisque l'objectif premier était de faire connaissance avec d'autres personnes, de connaître un peu mieux le CARITIG et son action. Je suis sûre que des personnes ont quitté cette soirée, rassurées sur leur futur, car il est important de savoir qu'il est possible de vivre normalement. Alors, continue Célia, la province n'est plus obligée de monter à Paris pour avoir l'information...
...découvrez la suite de cet article en adhérant au CARITIG
Célia Duvar.
Retour à la page d'accueil
|
|
||
| Page mise à jour : |
Page maintenue par : Charlène | © 1997-2004 CARITIG |