TransGenre Actu 12/02


ATELIER ORTHOPHONIE DU 4 NOVEMBRE 2002

Atelier du 4 novembre 2002
Thème : « L'orthophonie »
Invitées : Léa Guittot et Léna Peron
Présenté par Alexis

De nombreuses personnes sont venues à cet atelier. Léa et Léna, nos deux étudiantes en quatrième année ont pu ainsi expliquer leur travail, présenter leur Mémoire axé sur la rééducation de la voix des transsexuelles et répondre aux nombreuses questions sur le sujet.

Il faut d'abord préciser ce qu'est :

Profession paramédicale qui se prépare en 4 ans (Certificat de capacité).
C'est le ou la spécialiste de tout ce qui concerne les problèmes de langage. Ne peut pas faire de bilan.

Profession médicale.
Établit un diagnostic et fonde sa prise en charge thérapeutique. Peut faire un bilan pour la sécurité sociale en cas de prise en charge.

Pour nos ami(e)s belges ce métier se nomme : logopède

Mais orthophonistes, phoniatres, ORL font le même travail de rééducation, et utilisent les mêmes techniques.

Il existe plusieurs domaines de travail :

C'est ce dernier domaine qui a surtout été évoqué au cours de cette réunion.

Physiologie de la voix

Avoir une bonne respiration de l'abdomen, être détendu, aucune crispation au niveau des épaules sont un premier pas pour avoir une « bonne voix ».

Les cavités de résonances, buccale, nasale et le larynx jouent un très grand rôle pour la voix et font le timbre particulier à chacun d'entre nous.

Dans une conversation nous utilisons deux registres : le registre de poitrine pour les sons plus graves et la voix de tête (derrière la tête) pour parler dans des registres plus aigus.

La discussion qui a suivi, a porté sur les conseils afin d'obtenir une voix qui corresponde à l'image que l'on veut donner de soi.

Ainsi, il ne faut pas forcer sa voix sur les aigus pour obtenir une voix de « fausset », c'est le meilleur moyen de se faire remarquer.

Si vous écoutez des femmes biologiques, leurs voix peuvent être graves mais en même temps très féminines.

Il faut donc agir sur les intonations, le vocabulaire employé et le travail de l'articulation des mots, tout en essayant de travailler le son de sa voix. Les femmes et les hommes, pour exprimer une même idée, n'utilisent pas le même langage.

Il faut savoir également que l'opération de la pomme d'Adam ne change pas la voix, mais reste seulement une opération esthétique.

Quant à l'opération des cordes vocales, elle est très controversée car quelquefois sans résultat, et les cordes peuvent être « endommagées ».

Pour les personnes travesties, il est très difficile de garder ses « deux voix », une masculine pour la vie sociale et une féminine pour ses sorties. Dans ce cas, il vaut mieux trouver une voix androgyne et passe partout.

Car le travail d'un orthophoniste est de modifier la voix et représente un travail rigoureux qui ne se limite pas à la séance de rééducation. Et celui-ci ne peut commencer que si l'on désire faire sa transformation définitive.

Le rire, les pleurs et la toux sont très difficiles à travailler, car ce sont des émotions et des événements que nous ne pouvons contrôler...

Il est aussi important de travailler devant sa glace, faire des gammes de haut en bas et de bas en haut, articuler, faire des intonations montantes vers la fin des phrases, mettre de la douceur dans la voix, poser sa voix. Ce sont des exercices à pratiquer régulièrement.

Il sera donc plus facile de travailler avec des orthophonistes femmes pour des TS, en prenant modèle sur leur manière de parler.

Une rééducation dure entre 6 mois et un an, à raison d'une demi-heure environ de séance hebdomadaire.

Pour faire un bilan orthophoniste, il faut passer par un médecin, mais, seul l'orthophoniste décide de faire la rééducation.

Cette rééducation peut être prise à 100% par la sécurité sociale.

Il est difficile de résumer en quelques lignes tout ce qui a été dit dans cet atelier. Mais en conclusion, le travail pour trouver « sa voix » est essentiel. L'orthophoniste aide, donne des conseils, mais seul le travail personnel et régulier vous amènera à trouver votre voix.

Nous remercions encore Léa et Léna de leur participation à cet atelier.

Carole et Dominique, Bénévoles au CARITIG

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Page mise à jour : mardi 17 août 2004 Page maintenue par : Charlène © 1997-2004 CARITIG