TransGenre Actu 06/03
Lors de sa dernière réunion le samedi 24 mai, l'Inter-LGBT, fédération d'une soixantaine d'associations LGBT dont le CARITIG est adhérent, avait au programme une discussion sur son soutien au projet du CADHP (Centre d'Archives et de Documentation des Homosexualités de Paris). Étant absent, j'ai demandé à Dominique Place de lire une mise au point que j'ai rédigée avant mon départ.
Chers amis,
Je suis désolé de ne pas pouvoir être parmi vous aujourd'hui. Cependant il faut savoir faire un break de temps en temps. Avant mon départ, j'ai appris que le CADHP était au programme de cette réunion. Je souhaite par le biais de Dominique Place, co-Présidente m'expliquer sur ma position, ayant été particulièrement et personnellement investi dans cette histoire.
Le CARITIG dont je suis le fondateur a toujours travaillé sur les archives trans, c'est à travers cet intérêt que j'ai eu l'occasion de rencontrer Gérard Koskovich, voilà deux ans. Précisons que Gérard Koskovich est l'un des fondateurs des archives LGBT de San Francisco.
En novembre dernier, celui-ci m'a proposé d'être membre du Conseil d'Administration du CADHP pour représenter la communauté transgenre. Je n'ai pas refusé ni accepté, mais j'ai souhaité rencontrer les concepteurs du projet pour en savoir plus et prendre une décision en connaissance de cause.
C'est ainsi que le soir du 1er décembre 2002, j'ai eu l'occasion de rencontrer Jean Le Bitoux. Les échanges furent polis néanmoins ses propos sur la question transgenre étaient assez choquants. Étant venu plus en temps qu'observateur, j'écoutais attentivement les réponses qu'il donnait à Gérard Koskovich sur la prise en compte de la dimension transgenre dans le projet, elle équivalait celle des lesbiennes, et encore ! Donc pour être clair cela était loin d'être une priorité, seul les gays étaient importants.
Malgré les critiques de Marie-Hélène Bourcier et d'autres personnes, je souhaitais rester ouvert à la discussion. Pour travailler sérieusement sur la dimension trans au CADHP, je proposais à Le Bitoux que l'on se voit à une autre occasion. Finalement, ce rendez-vous n'a pas eu lieu. Si Le Bitoux ne m'a pas donné ses coordonnées téléphoniques, il a pris néanmoins les miennes et m'annonça qu'il me joindrait avant la fin de l'année. Au 31 décembre, pas d'appel ni plus tard d'ailleurs.
En janvier, les critiques grondent contre le CADHP. Ne souhaitant aucunement cautionner un projet en devenant membre de son Conseil d'Administration, je me suis lancé dans une petite enquête qui m'a amené aux mêmes conclusions que Marie-Hélène Bourcier. A partir de ce moment-là, il n'est plus question pour moi de soutenir ce projet en l'espèce.
Et après discussion avec les membres du Bureau du CARITIG, nous faisons notre communiqué de presse le 23 janvier qui exprime point par point notre pensée :
http://www.caritig.org/communiques/20030123.html
Nous ne sommes pas contre le projet du CADHP, mais contre la politique mise en place par les personnes qui en sont les concepteurs. Nous regrettons leur impossibilité de communiquer, d'écouter et d'avancer sans ignorer certains acteurs de la communauté LGBT.
Aujourd'hui, nous ne soutenons toujours pas le projet tel quel. Nous réitérons notre demande de réunion de mise à plat du projet avec toutes les personnes concernées. Il est souhaitable de repartir sur de bonnes bases et dans le dialogue pour que toute la communauté LGBT soit fière de ce centre d'Archives et puisse se considérer partie prenante.
Armand Hotimsky,
Président-Fondateur du CARITIG
Vous trouverez dans peu de temps un dossier complet sur le site du CARITIG pour découvrir en détail toute l'histoire du CADHP.
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