Le CARITIG sera présent à l'EuroPride le 28 juin prochain.

Venez nombreux nous rejoindre.

 
  Logo CARITIG à l'EuroprideIl existe dans la démarche identitaire des personnes transsexuelles qui se savent différentes, se cherchent et se situent par rapport aux autres, des similitudes avec le vécu des homosexuel/les, à commencer par le douloureux rejet de la famille. Le CARITIG est une organisation dont le but est de soutenir ces personnes et leurs proches dans un parcours souvent difficile et dont les dimensionssociales ne sont pas sans rappeler celles que vivent les jeunes lesbiennes et gays qui se découvrent.

Transsexuel/les et homosexuel/les sont obligés de faire un grand travail sur eux pour gérer leur situation de différence. Il arrive que la personne transsexuelle soit amenée à fréquenter la communauté homosexuelle dans sa quête d'identité. Après avoir mis un nom sur son mal être, elle découvre que son problème n'a pas de rapport avec l'orientation sexuelle. C'est à partir de ce moment qu'elle s'éloigne de la communauté homosexuelle. Rappelons que la transsexualité est complètement indépendante du choix d'objet sexuel. Cela consiste à se mettre en harmonie avec son identité de genre à savoir le féminin et le masculin. Comme tout le monde, les transsexuel/les ont une sexualité. Comme tout le monde, ils peuvent être hétérosexuels, homosexuels ou bisexuels.

Les transsexuel/les, à l'instar des lesbiennes et des gays, commencent tout juste à sortir du placard. Le mouvement de protestation né aux États-Unis s'est rallié à la fierté gay. Les raisons sont évidentes : nous avons les mêmes adversaires. Les personnes qui insultent ou agressent les transsexuel/les sont les mêmes qui s'en prennent aux homosexuel/les. Les théories psychiatriques sur la transsexualité se calquent sur celles qui jadis enfermaient l'homosexualité dans la pathologie. Ce mouvement américain, qui refuse le carcan psychiatrique, donne du fil à retordre à l'APA (American Psychiatric Association).

Les premières Gay-Pride des années 80 ont permis aux homosexuel/les de s'affranchir, leur ont apporté une visibilité, ont donné confiance aux générations suivantes. Pour les transsexuel/les, la démarche s'avère plus périlleuse puisqu'ils sont tributaires de décisions médicales et juridiques vitales dont ils sont tenus à l'écart. Cette épée de Damoclès paralyse les transsexuel/les dans leur militantisme. Signalons qu'il est scandaleux de constater que certains tribunaux refusent d'accorder le changement d'état civil aux transsexuel/les homosexuel/les. Il est vrai également que pour de nombreux médecins, les transsexuel/les doivent correspondre aux stéréotypes : " pas question de laisser penser qu'une opération mettrait en circulation un pédé de plus, fi ! Stérile, c'est déjà la limite du supportable!!" * . Ce qui implique que les transsexuel/les homos sont généralement obligés de cacher leur préférence au cours de leur suivi médical.

Nos ennemis communs sont ceux qui nous refusent tout simplement le droit de disposer de notre corps. Les croisades anti-avortement, anti-contraception ou contre la diversité sexuelle sont lancées par des personnes à la philosophie particulière. Nous appartenons à l'État ou pourquoi pas à Dieu. Dans le même ordre d'idée, on peut établir un parallèle entre la chirurgie des transsexuel/les, qui passe par la "castration", et les pratiques homosexuelles. Dans les deux cas, cela constitue une perte inadmissible de fécondité. Ne vivons-nous que pour nous reproduire?

Quant à l'intérêt du CUS pour les transsexuel/les, il est très large. Il leur procurait en premier lieu, une meilleure intégration. Par exemple, lorsqu'il n'y a pas encore eu de changement d'état civil et qu'il y a donc inadéquation entre l'apparence et les papiers d'identité, la personne transsexuelle se retrouve fréquemment sans travail ; le CUS permettrait d'avoir la protection sociale du partenaire. Ce dernier pourrait également effectuer certaines démarches embarrassantes au niveau administratif. Le soutien de la compagne ou du compagnon se révèle essentiel.

Le CUS permettrait également une officialisation du couple dont l'un des membres est transsexuel/le avec ou avant le changement d'état civil. La liaison amoureuse qui s'établit avant la transition se prolonge naturellement sans cassure. Cette stabilité serait des plus appréciable. La démarche transsexuelle est fragilisante, surtout dans une société discriminatoire. Le CUS pourrait réussir l'exploit d'apporter un équilibre à ces personnes au sein d'un couple solide. On trouvera aussi les mêmes intérêts que pour tous les autres couples. Pour toutes ces raisons, nous serons présents activement à l'EUROPRIDE. Nous invitons les personnes à venir discuter à notre stand à l'EUROSALON et défiler derrière la banderole du CARITIG.

* Extrait de l'article "Sans seins, sens interdit" publié dans CDT n°19 ( la revue du CARITIG)
* Texte publié dans le journal de la Lesbian and Gay Pride de Paris du mois de Mai


Vous pouvez contacter le CARITIG, en appelant au 01.42.27.42.28.
Pour nous écrire : CARITIG B.P. 756 75827 Paris cedex 17

Site Internet : http://www.caritig.org/

 
L'équipe du CARITIG

 
 
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Page mise à jour : geudi 20 août 1998
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